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Airbus : trois questions sur les 1 164 suppressions de postes annoncées par la direction

La direction présente son plan aux syndicats mardi et affirme ne pas exclure de "rentrer dans des licenciements économiques contraints".

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France Télévisions
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Un Airbus A350-1 000 décolle de Colomiers (Haute-Garonne), le 24 novembre 2016. (REGIS DUVIGNAU / REUTERS)

Trou d'air social chez Airbus Group. L'entreprise d'aérospatiale et de défense a annoncé, mardi 29 novembre, la suppression de 1 164 postes en Europe et la fin de son activité de recherche sur le site de Suresnes (Hauts-de-Seine). La direction met en avant des besoins de réorganisation, tandis que les syndicats dénoncent une "logique financière".

Que contient le plan annoncé ?

Dans son plan baptisé "Gemini", le groupe prévoit de supprimer 1 164 postes actuels dans le groupe et d'en créer environ 230 nouveaux, principalement dans la recherche et la digitalisation. Cette opération entraînera donc une réduction nette de 934 postes, sur un effectif total d'environ 136 000 salariés. Les départements les plus touchés seront les services administratifs ainsi que la recherche et développement, selon le site des Echos.

La CGC estime que 640 emplois seront supprimés en France d'ici fin 2018, soit plus de la moitié des emplois menacés par le plan. Selon les syndicats, le groupe prévoit la fermeture du site de Suresnes, avec la suppression nette de 308 emplois et 150 "mobilités" vers le site de Blagnac (Haute-Garonne). Une dizaine d'emplois de relation publique seront maintenus à Suresnes, nuance la direction.

Airbus Group dit vouloir privilégier les départs volontaires, les départs à la retraite et en pré-retraite, ainsi que la mobilité interne. "Si nous n'y parvenons pas, nous serons obligés ensuite de rentrer dans des licenciements économiques contraints", précise toutefois le groupe.

Comment la direction se justifie-t-elle ?

Cette annonce intervient dans le cadre d'une réorganisation qui prévoit la fusion d'Airbus Group avec sa principale filiale, Airbus, sa branche d'avions commerciaux. Le plan Gemini, annoncé le 30 septembre, conduira à donner, au groupe et à la filiale, le seul nom d'Airbus, avec une mise en œuvre effective du plan prévue en juillet et août 2017. Cette fusion permettra également de finaliser le déménagement du siège de la société à Blagnac, qui était précédemment basé à Paris et Munich.

Plus globalement, la direction avance qu'elle doit poursuivre la réduction de ses coûts en supprimant des doublons, dans un contexte de concurrence exacerbée avec son rival américain Boeing et la venue d'avionneurs chinois sur le marché.

Qu'en pensent les syndicats ?

Les syndicats disent douter du bien-fondé de la réorganisation du groupe, y voyant plutôt une "logique financière", alors que le groupe est à la tête d'un carnet de commandes record de près de 1 000 milliards d'euros. "L'entreprise dit qu'elle veut diminuer la bureaucratie mais ces salariés dont les postes sont supprimés ne font pas partie de cette bureaucratie", déplore Force ouvrière.

FO craint des licenciements secs si le nombre de volontaires au départ n'est pas atteint en 2018. "On espère encore une fois réussir à une prise en compte sociale, mais on suspecte la direction de vouloir faire des économies", dit le syndicat.

"Plus le nombre de postes impactés restera conséquent, plus la facture sociale sera lourde, plus la direction devra mettre la main au portefeuille", a de son côté réagi le syndicat CFE-CGC.

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