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Accueil houleux pour François Hollande à La Courneuve

François Hollande est à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ce mardi, pour le lancement de "l'Agence France entrepreneur" annoncée en février dernier. Mais, presque dix ans tout juste après les violentes émeutes qui ont secoué les banlieues françaises et notamment Clichy-sous-Bois, le président de la République a reçu un accueil tendu.
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Radio France
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 (François Hollance, ce mercredi, lors de la visite d'une pépinière d'enterprises à La Courneuve © Radio France - Julie Marie-Leconte)

Le président de la République et pas moins de trois ministres (Myriam El Khomri, Emmanuel Macron et Patrick Kanner) sont venus présenter la nouvelle "Agence France entrepreneur", pour le développement économique des banlieues, ce mardi à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). L'objectif de cette structure est à la fois d'aider les petites entreprises et de favoriser l'installation de nouvelles dans ces quartiers dit sensibles. Mais l'opération séduction n'a pas vraiment fonctionné.

Un accueil mouvementé

La visite de François Hollande avait pourtant bien commencé dans la première entreprise où il s'est rendu. Il a enchainé les selfies avec des salariés ravis. Mais, à son arrivée dans la cité des 4.000, il a été accueilli par les sifflets et huées de quelques habitants remontés. "Casse-toi ! Hollande, on ne veut pas de toi"   a lancé un homme, repris en coeur par quelques jeunes.  

Quelques dizaines de syndicalistes de la CGT étaient aussi présents et ont été tenus à l'écart du cortège de François Hollande.

François Hollande, imperturbable

Le président de la République avait le sourire en arrivant au pupitre pour son discours de présentation de l'"Agence France entrepreneur", mais il n'en a pas changé l'attaque : "il y a de la vitalité ici ! " a-t-il commencé.

"Le développement économique doit être partout [...] Nous voulons montrer qu'il y a un avenir pour les jeunes, pour les quartiers" François Hollande

"Cette agence va mutualiser, va fédérer les moyens de l'Etat pour donner plus de cohérence et d'efficacité à l'action , a-t-il expliqué. Cette agence offrira aux régions un interlocuteur national unique. Elle pourra montrer si nos méthodes, nos moyens financiers sont efficaces" . François Hollande a donc parlé d'une structure "légère" , autrement dit il refuse : "d'ajouter de l'administration à l'administration".  Le président a insisté sur le besoin de vitalité et d'unité dans les quartiers les plus en difficulté : "il n'y a pas de France périphérique".

Pendant le discours du président, les CRS ont évacué les quelques manifestants. Pour autant François Hollande a préféré sortir par la porte de derrière. 

Des annonces qui laissent les élus sceptiques 

Cette nouvelle agence peine à séduire les élus et acteurs locaux présents dans les quartiers dits "sensibles". Pour Gilles Poux, maire PCF de La Courneuve, dix ans après les violences de 2005, "on continue de jouer à la marge". "On pense qu'à travers ces effets d'annonce, ça va apaiser les gens et ça va régler leurs problèmes , explique-t-il. Mais ça ne va pas régler leurs problèmes"

"Quand on a un taux de chômage à 20% c'est d'autre chose qu'on a besoin" Gilles Poux, maire de La Courneuve
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