10% du miel contrôlé en France serait d'origine douteuse

C'est le Centre d'études techniques apicoles de Moselle qui alerte les consommateurs. Ce laboratoire indépendant estime qu'environ 10% du miel commercialisé et contrôlé en France est frauduleux. Ce miel mal étiqueté et/ou trop sucré proviendrait essentiellement de Chine. Un afflux lié à la baisse de la production française.

(Maxppp)

Ne pas toujours se fier aux étiquettes ! C'est le message que délivre le Cetam, Centre d'études techniques apicoles de Moselle, seul laboratoire français indépendant de contrôle du miel. "Jusqu'à 10% des échantillons qui nous sont envoyés chaque analyses sont douteux. La grande majorité sont des produits très bon marché vendus en grande surface ", explique le directeur du Cetam. 

A l'origine de cette fraude, du miel importé. De Chine, mais aussi également d'Europe de l'Est, et ré-étiqueté "origine France" ou équivalent. Des miels qui ont parfois subi des adultérations, à savoir l'ajout de sucres liquides, et sont donc de moindre qualité. 

La Chine, premier producteur mondial

Selon l'Union nationale de l'apiculture française, les causes de cette fraude sont évidentes : la production française est en baisse, "divisée par deux en 15 ans ", selon Henri Clément, le porte-parole de l'Unaf. Baisse dûe en grande partie aux pesticides qui entraînent la mort de plus de 300.000 colonies d'abeilles par an. 

Par conséquent, les importations ont été multipliées par trois, poursuit Henri Clément. Dont les importations chinoises. Or la Chine, devenue premier producteur mondial avec ses 300.000 tonnes par an, n'a jamais été exemplaire en la matière. Le miel chinois a même été un temps interdit dans l'UE, car on y retrouvait des antibiotiques bannis en Europe. 

"La fraude au miel est difficile à repérer. C'est comme le dopage dans le sport" (Unaf)

Aujourd'hui, il n'est manifestement pas question de danger sanitaire, mais il est possible de tomber sur des miels totalement artificiels, fabriqués à baisse de sucres de maïs, explique l'Unaf. Face à la disparition des abeilles, il devient rentable, explique-t-il, de fabriquer des faux miels. Une fraude difficile à repérer : "C'est comme le dopage dans le sport , raconte Henri Clément. Quand certains laboratoires trouvent des méthodes d'analyse pour diagnostiquer une fraude, les gens qui fabriquent ces produits cherche une parade, d'autres produits ou une autre méthode de fabrication ! "