Risque fort de noyade en début d'été : "Il faut diminuer le choc thermique au maximum", préconise un maître-nageur

Alors que la noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 15 ans, la fédération des maîtres-nageurs sauveteurs appelle à respecter des règles de prudence. 

Des panneaux invitant aux respect des consignes de sécurité au bord du lac Achard, près de Strasbourg, en juillet 2017. 
Des panneaux invitant aux respect des consignes de sécurité au bord du lac Achard, près de Strasbourg, en juillet 2017.  (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Selon une étude de l'agence Santé publique France de 2015, la noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 15 ans. Alors que sept noyades ont été recensées le week-end du 7 et 8 juillet, dont celles de Chalon-sur-Saône, un professionnel du sauvetage rappelle les consignes de prudence.

La baignade demande des précautions

C'est au début de l'été que les accidents, dans l'eau, sont les plus nombreux, explique Jean-Michel Lapoux, secrétaire général de de la Fédération des maîtres-nageurs sauveteurs (FMNS). "Il faut diminuer le choc thermique au maximum", insiste ce professionnel, rappelant que la météo peut offrir des journées très chaudes, en juin et en juillet, jusqu'à 30 degrés, alors que l’eau est encore froide. "Avant de rentrer dans l’eau, le mieux c’est de se mouiller la nuque et le ventre, pour atténuer le choc thermique, et non pas de plonger depuis un bord de piscine", préconise Jean-Michel Lapoux. La consigne est évidemment valable en rivière ou en mer.

Un contexte défavorable

Tous les lieux de baignade ne sont pas surveillés. Quelque 5 000 à 6 000 emplois sont pourvus cet été, mais il manque 1 200 professionnels. "Pour un maître-nageur saisonnier, il faut une année de formation à temps plein, indique le secrétaire général de la FMNS. Les lycéens n’ont pas une année à temps plein à mettre pour préparer une saison, les CRS, les gendarmes, les pompiers non plus." Jean-Michel Lapoux indique des demandeurs d'emplois préparent cette formation en régions, mais "ça ne suffit pas". "Beaucoup d’enfants ne peuvent plus apprendre à nager", regrette-t-il. La fédération a fait intervenir 40 députés à l’Assemblée nationale cet hiver, mais "sans résultat". Ce manque d'effectifs impose de redoubler de vigilance et d'appliquer les consignes répétées par les professionnels et les autorités : surveillez les enfants, respectez les interdictions de baignade, et prenez en compte votre forme physique et la météo.

De son côté, Santé publique France a lancé en juin une nouvelle enquête pour recenser les accidents par noyade, afin d'adapter au mieux la prévention. 

Vigilance et prudence pour la baignade de début de saison : un reportage de Thibault Lefèvre
--'--
--'--