Ponts du mois de mai : "On se demande pourquoi les vacances n'ont pas lieu quinze jours plus tard"

La semaine à venir sera marquée par deux jours fériés, les 8 et 10 mai. Une semaine à trous que déplore le secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation national, Philippe Tournier.

Les quatre jours fériés du mois de mai 2018 : mardi 1er mai (Fête du travail), mardi 08 mai (Victoire de 1945), jeudi 10 mai (Ascension) et lundi 21 mai (Lundi de Pentecôte). 
Les quatre jours fériés du mois de mai 2018 : mardi 1er mai (Fête du travail), mardi 08 mai (Victoire de 1945), jeudi 10 mai (Ascension) et lundi 21 mai (Lundi de Pentecôte).  (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation national (SNPDEN) s'interroge, dimanche 6 mai sur franceinfo, sur le calendrier des vacances scolaires, alors que la semaine à venir sera marquée par deux jours fériés, le mardi 8 mai et le jeudi de l'Ascension.

franceinfo : Comment organiser cette semaine à trous dans les collèges et lycées ?

Philippe Tournier : Ce n'est pas qu'une, mais deux semaines à trous, puisque cette semaine il y a eu le 1er mai. Dans certaines zones de vacances, les élèves sont entrés le lundi 30 avril pour repartir le mardi, revenir le mercredi matin, repartir le mercredi après-midi, revenir le jeudi. Donc ce sont quinze jours perturbés. Même si globalement les élèves sont présents dans les lycées et les collèges, ça pose de graves problèmes de cohérence des enseignements. Imaginez un professeur qui ne voit sa classe que le mardi, en Ile-de-France par exemple il n'aura pas vu sa classe pendant quatre semaines. Le cumul pose réellement des problèmes d'organisation des enseignements. On se demande d'ailleurs pourquoi les vacances n'ont pas lieu quinze jours plus tard, auquel cas la question de ces interruptions ne se serait pas posée.

Le code de l'Education dit que le calendrier peut être adapté, cinq académies l'ont fait, c'est aussi le cas du privé. Pourquoi n'y aurait-il pas une souplesse un peu plus généralisée ?

C'est très compliqué d'organiser un calendrier scolaire. Tout le monde le critique mais il est vrai que c'est très complexe quand on met bout à bout toutes les contraintes. Là, on est dans un cas d'école qui effectivement interroge sur l'organisation des vacances. Pour les collégiens et lycéens franciliens, la vie ne redeviendra normale qu'à la fin de la semaine prochaine. On approchera d'ailleurs de la fin de l'année dans les lycées, ce qui veut dire que le fonctionnement n'y est plus normal depuis le début du mois d'avril. Donc on pourrait effectivement imaginer de laisser plus de souplesse. C'était d'ailleurs le cas autrefois, quand les établissements ou les maires disposaient d'une marge de manœuvre sur certains jours de congé.

Redoutez-vous beaucoup d'absentéisme chez les élèves la semaine prochaine ?

La grande majorité des élèves sera présente, mais il y aura effectivement des absents, parce que nous sommes dans un décalage complet du calendrier des parents et des enfants, sans doute entre 10 et 20%. Le vrai souci n'est pas celui-ci, c'est celui des établissements qui accueillent des internats, qui sont confrontés à des problèmes d'organisation terribles puisque en gros, soit les internes restent chez eux toute la semaine, soit ils restent à l'internat toute la semaine et un jour sur deux on a des problèmes pour les encadrer.

Quelle serait la solution selon vous ?

D'évidence, il y a une problématique du calendrier scolaire, surtout de ces vacances de printemps, puisque tous les ans réapparaissent ces questions du 1er mai, du 8 mai, du jeudi de l'Ascension. On pourrait tout à fait imaginer que les vacances de printemps incluent ces ponts. Il y a le grand argument du fonctionnement des stations de ski, mais plus guère de nos concitoyens vont aux sports d'hiver à la fin du mois d'avril ou début du mois de mai, donc on pourrait tout à fait imaginer que ces vacances aient lieu un peu plus tard. D'ailleurs, en théorie, l'année scolaire se termine au début du mois de juillet. Avec la réforme du baccalauréat, il est probable que l'année scolaire effective sera beaucoup plus longue dans les années à venir, et ça fait une très longue période de scolarité que de revenir au mois de mai pour repartir au début du mois de juillet.