Journée des oubliés des vacances : ne pas pouvoir partir, "c'est une injustice criante"

Depuis 40 ans, le Secours populaire français permet à des enfants qui n'ont pas pu partir en vacances de bénéficier d'une journée à la mer ou dans un parc d'attraction.

Des enfants de région parisienne à Cabourg (Calvados), dans le cadre de la Journée des oubliés des vacances, le 22 août 2018
Des enfants de région parisienne à Cabourg (Calvados), dans le cadre de la Journée des oubliés des vacances, le 22 août 2018 (MAXPPP)

"C'est une injustice criante pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances", a expliqué jeudi 15 août à franceinfo Catherine Makowski, secrétaire nationale du Secours populaire français, alors que 50 000 enfants participent en août à la Journée des oubliés des vacances organisée chaque année par l'association caritative. Ils pourront profiter d'une sortie à la mer ou dans un parc d'attraction.

franceinfo : En quoi cette journée de vacances est-elle importante ?

Catherine Makowski : C'est important pour se changer les idées, se retrouver en famille dans des temps dédiés, être éloigné des difficultés du quotidien, pour la santé... Tous ceux qui partent en vacances savent combien ça fait du bien à tout le monde. C'est donc une injustice criante pour ceux qui ne peuvent pas partir et restent dans les quartiers, où peu d'activités sont proposées. Surtout, à la rentrée scolaire, de nombreux enfants ne peuvent pas raconter qu'ils sont partis en vacances. Les enfants qui sont partis au cours de cette journée vivent des choses tellement extraordinaires que quand ils le racontent à la rentrée, c'est comme s'ils étaient partis en vacances plusieurs jours.

Est-ce que le nombre d'enfants participants augmente d'année en année ?

Oui, l'année dernière nous avons pu faire partir en vacances 200 000 personnes tout au long de l'année. On constate une montée de la pauvreté et de la précarité. Des gens se privent tout au long de l'année, et les vacances sont les premières sacrifiées.

Comment percevez-vous cette montée de la pauvreté ?

Nous avons aidé 3 millions de personnes en France l'année dernière. C'est de plus en plus difficile au quotidien. Il faut payer le loyer, faire face aux factures d'énergie... Certains parents ont aussi des difficultés à nourrir correctement leur famille, avec les conséquences que cela peut avoir pour les enfants. C'est le constat des bénévoles dans l'activité de tous les jours. Dans ces conditions, les vacances sont un projet qui semble lointain pour beaucoup de ces familles.