Dans l'Hérault, le patron d'un Intermarché propose à ses salariés de supprimer les vacances en juillet et en août

"Pour nos deux mois les plus forts, vous prenez tous ou presque des congés", regrette ce patron dans un texte distribué fin juillet à ses salariés.

Le patron de l\'Intermarché de Villemagne-l’Argentière (Hérault) a proposé à ses salariés de supprimer les congés en juillet et août, dans une lettre qu\'il leur a adressée le 31 juillet 2018.
Le patron de l'Intermarché de Villemagne-l’Argentière (Hérault) a proposé à ses salariés de supprimer les congés en juillet et août, dans une lettre qu'il leur a adressée le 31 juillet 2018. (GOOGLEMAPS)

C'est une proposition pour le moins étonnante. Le directeur d'un Intermarché de Villemagne-l’Argentière (Hérault), Jean-Pierre Le Berrigo, a lancé un référendum auprès de ses salariés... pour supprimer la possibilité de poser ses vacances en juillet et en août, rapporte Le Parisien.

"Avoir accepté de mettre en place des congés payés au mois de juillet et août est pour moi une erreur, assure le patron dans un texte distribué le 31 juillet aux salariés. Pour nos deux mois les plus forts, vous prenez tous ou presque des congés. C'est au moment où l'on a le plus besoin de vous que vous vous absentez pour laisser vos univers à des saisonniers qui n'ont aucune connaissance de notre métier et aussi, souvent, pas forcément l'envie que vous avez de faire bien."

Vote non anonyme

Pour être adopté, le référendum – qui est légal, sous certaines conditions – devra être approuvé par 60% des salariés, explique le directeur du supermarché. Contrairement à ce que réclame la loi, qui nécessite l'approbation de 2/3 des votants, et un scrutin à bulletin secret. "Je considère que nous devons tous assumer nos décisions", avance au contraire le patron de l'Intermarché dans sa lettre aux salariés. Et de préciser : "Les votes non exprimés seront pris en compte comme un oui pour ne pas se retrouver avec une participation trop faible". Pour voter, les salariés sont invités à sélectionner "oui" ou "non" en bas de la lettre qu'ils ont reçue et à fournir leurs "motivations".

Après avoir pris connaissance des "incohérences" de sa proposition au regard de la loi, le dirigeant de l'Intermarché a finalement décidé de supprimer ce référendum, a appris franceinfo lundi 27 août.