Un verre, ça va, quatre verres, bonjour l'AVC

A partir de quatre verres d'alcool par jour, les buveurs sont davantage exposés aux hémorragies cérébrales dès 60 ans.

Dans un pub de Dublin (Irlande), le 22 août 1953.
Dans un pub de Dublin (Irlande), le 22 août 1953. (BERT HARDY / HULTON ARCHIVE CREATIVE / GETTY IMAGES)

SANTE – Même si l'on n'est pas alcoolique, boire beaucoup d'alcool abîme le cerveau, révèle une étude menée au CHRU de Lille, et relayée par Le Figaro mardi 11 septembre. Elle s'est penchée sur des niveaux de consommation inférieurs à l'alcoolisme avéré chez des patients âgés de 60 ans et montre qu'avec une consommation de quatre verres d'alcool par jour, soit un total de 40 grammes d'alcool pur, le cerveau subit un vieillissement accéléré.

"Ils n'ont que 60 ans et pourtant, au scanner, leur cerveau donne l'impression qu'ils en ont 14 de plus. Ils, ce sont les 137 patients d'un groupe de 540 malades hospitalisés pour un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique" à l'hôpital de Lille, écrit Le Figaro. Pourtant, "tous ne sont pas alcooliques et la plupart ne se considèrent pas comme tels", explique la neurologue Charlotte Cordonnier au quotidien.

Caillot ou hémorragie cérébrale ?

L'étude, publiée dans la revue Neurology (en anglais), a pour but de mieux traiter les AVC. En effet, il est souvent difficile de distinguer rapidement un AVC dû à un caillot de sang (80% des cas), moins complexe à soigner, d'un AVC provoqué par une hémorragie cérébrale, à la mortalité plus élevée. Or, lors d'un AVC, le temps imparti pour soigner le patient est réduit. Il n'est pas toujours possible de prendre le temps de réaliser un scanner pour déterminer si c'est un caillot qui bouche une artère. Les résultats de l'étude devraient donc permettre d'orienter le diagnostic et de choisir les soins les plus adaptés.

Toujours selon Le Figaro, l'étude montre que "non seulement les buveurs réguliers font des hémorragies cérébrales en moyenne 14 ans avant les non-buveurs, mais l'accident survient préférentiellement dans les zones profondes du cerveau, là où se trouvent les petites artères perforantes, celles qui sont les plus vulnérables". Le Pr Cordonnier explique que "l'alcool va rendre ces petits vaisseaux de plus en plus rigides et poreux. Ajouté aux perturbations de la coagulation dues à l'alcool, tout est réuni pour que l'accident se produise." Un buveur régulier d'alcool aura donc plus de risques d'être victime d'une hémorragie cérébrale.