Ours : malgré la promesse d'Emmanuel Macron, "il y aura de nouveaux lâchers d'ours dans les Pyrénées", assure une association

Alain Reynès, directeur de l’association Pays de l’Ours, rappelle que c'est une "obligation légale européenne".

L\'une des femelles relâchées dans les Pyrénées atlantiques photographiée le 5 octobre 2018.
L'une des femelles relâchées dans les Pyrénées atlantiques photographiée le 5 octobre 2018. (ONCFS)

"C'est une obligation légale de la France de restaurer une population viable. Il faut donc être très clair : il y aura de nouveaux lâchers d'ours dans les Pyrénées, parce que c'est une obligation européenne", martèle mercredi 15 janvier sur franceinfo Alain Reynès, directeur de l’association Pays de l’Ours. Emmanuel Macron s'est engagé la veille à Pau à stopper toute introduction d'ours prévue dans le plan 2018-2028.

Le seuil de viabilité n'est pas atteint. Il y a entre 40 et 50 ours aujourd'hui - les chiffres seront actualisés d'ici un mois et demi - il en faut plus pour avoir une population viable, qui se maintient par elle-même.Alain Reynès, directeur de l’association Pays de l’Oursà franceinfo

"Or, c'est une obligation légale de la France de restaurer une population viable", rappelle le militant associatif.

Emmanuel Macron "a fait sa part"

"Après tout, il a fait sa part : il a autorisé le lâcher de deux femelles à l'automne 2018. Tous les présidents de la République n'ont pas fait ça", salue Alain Reynès. "Il a annoncé qu'il n'en ferait pas plus dans le cadre de ce mandat. Eh bien, ce sera pour un peu plus tard. Mais la question ne se pose pas de savoir s'il y en aura ou pas : il y en aura".

L'association Pays de l'Ours n'exclut pas d'ailleurs d'engager des poursuites judiciaires, comme elle l'a fait par le passé. "Si l'on a lâché deux ours en 2018, c'est parce que nous avions déposé et gagné des recours, notamment devant le tribunal administratif de Toulouse. Le 6 mars 2018, la France a été condamnée pour ne pas respecter ses obligations européennes", rappelle-t-il. "C'est suite à cela que, dans les trois semaines, le ministre de l'Écologie de l'époque avait annoncé le lâcher de deux ours dans les Pyrénées occidentales".