Ours dans les Pyrénées : des agents de l'ONCFS chargés de constater les attaques exercent leur droit de retrait après l'incendie de leur voiture

Mercredi au petit matin, le véhicule de deux agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage a été incendié, alors qu'ils étaient en train de faire un contrôle sur les cadavres de trois brebis à Auzat, en Haute-Ariège. 

Un éleveur de brebis rassemble son troupeau (illustration).
Un éleveur de brebis rassemble son troupeau (illustration). (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Des agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont fait valoir leur droit de retrait après l'incendie de l'une de leur voiture mercredi en Ariège, rapporte vendredi 19 juillet France Bleu Occitanie.

Mercredi au petit matin, le véhicule de deux agents a été incendié, alors qu'ils étaient en train de faire un contrôle sur les cadavres de trois brebis à Auzat, en Haute-Ariège. Ils venaient constater si elles avaient bien été tuées par l'ours. C'est grâce à ces contrôles que les éleveurs sont ensuite indemnisés.

Leur véhicule déplacé puis brûlé

C'est après leur contrôle, qui s'était bien passé, qu'ils ont constaté que leur véhicule avait été déplacé et brûlé. Le syndicat national de l'environnement SNE-FSU a donc décidé d'appeler les agents à exercer leur droit de retrait sur la Haute-Ariège, s'ils ne se sentent pas en sécurité. Selon le syndicat, plusieurs dégradations ont déjà eu lieu au mois de juin : des pneus crevés lors d'un constat sur un troupeau le 20 juin, un pare-brise cassé le 26 juin, des poubelles déversées devant les bureaux de l'ONCFS le 29 juin. Les agents "ont informé leur directeur régional que cette mission d'expertise sur les dégâts sur les troupeaux ne sera plus assurée sur certaines communes du département", explique le syndicat.

De son côté, la direction régionale de l'ONCFS se dit préoccupée et dénonce les agissements. "Il est bien entendu que nous n'enverrons plus les agents [dans certaines communes], si les conditions de sécurité ne sont pas réunies", affirme Nicolas Alban, le délégué Occitanie, à France Bleu.

"Nous, ce sont les brebis qui meurent tous les jours"

Pour le président de la chambre d'agriculture de l'Ariège, Philippe Lacube, anti-ours depuis toujours, cet incendie volontaire du véhicule de l'ONCFS est un faux problème : "Une voiture qui brûle dans la montagne, c'est embêtant, c'est regrettable". S'il ne cautionne pas l'incendie, il souligne qu'il n'y a que la voiture qui a brûlé. "Nous, ce sont les brebis qui meurent tous les jours. Et ce sont des gens qui sont en perte économique, et dans le malheur. Mais eux, ils n'exercent pas le droit de retrait, parce que leurs bêtes, il faut qu'elles bouffent le lendemain".

Pour le syndicat des agents de l'ONCFS, "ce ne sont pas les agents qui sont la cause des dégâts". "Donc il est anormal qu'ils soient la soupape de mécontentement de certains éleveurs envers l'Etat".