Délice de homard sans homard, foie gras aux additifs... Ce que les produits du repas de Noël vous cachent

L'organisation Foodwatch dénonce dans un catalogue les fausses promesses et les recettes douteuses de certains aliments de grandes marques.

Un supermarché décoré pour les fêtes de Noël, le 20 décembre 2008 à Mulhouse (Haut-Rhin).
Un supermarché décoré pour les fêtes de Noël, le 20 décembre 2008 à Mulhouse (Haut-Rhin). (MAXPPP)

Pour certains, c'est le repas le plus attendu de l'année, pour d'autres une corvée. Quoi qu'il arrive, il vaut mieux ne pas rater la préparation de son dîner de Noël. Et, quand arrive la saison des fêtes, des centaines de produits débarquent en rayon. Mais pour vous séduire, certains font des promesses un peu excessives, explique l'organisation Foodwatch, qui lutte pour la transparence dans l'industrie alimentaire. Cette année, elle a publié un catalogue des "arnaques sur l'étiquette", mardi 5 décembre.

Les pratiques dénoncées par l'association "sont légales", déplore Mégane Ghorbani, de Foodwatch. Au micro de franceinfo, elle "demande aux fabricants d'arrêter de faire que le marketins l'emporte sur la réalité". A quoi faut-il faire attention ?

Des ingrédients mis en avant, mais pas toujours très présents

C'est un cheval de bataille de Foodwatch : ces produits dont l'emballage vante un ingrédient pas franchement très présent dans la préparation. L'organisation cible ainsi la bûche glacée café-noisette de Picard. Elle contient beaucoup d'eau, mais pas beaucoup de noisette : seulement 2,2%, dont une partie n'est que de l'arôme. Les boudins blancs aux morilles Le Gaulois comptent 1% de morille, la brique de bisque de homard et de langoustine de Knorr ne comporte que 1,2% de langoustine, et le délice crabe homard de la marque Kristen pourrait être un délice encornet-poisson, puisqu'il en contient deux fois plus. Foodwatch épingle aussi un pain d'épices au miel Brossard qui tire surtout son goût du sirop de glucose-fructose, quatre fois plus présent dans sa recette que le miel.

Parfois, les industriels de l'alimentaire jouent carrément les illusionnistes en faisant apparaître le nom d'ingrédients totalement absents de la recette. Il n'y a ainsi pas une trace de véritable homard dans les suprêmes "au goût frais" de homard de Coraya. Dans l'huile d'olive et truffes de la marque Codefa, le champignon n'est présent que sous forme d'arôme, à hauteur de 0,25% de la recette. Enfin, le white chocolate mocha de la chaîne de cafés Starbucks donne peut-être l'impression de boire du chocolat blanc, mais il n'en contient pas.

Des mentions géographiques parfois trompeuses

On ne sait pas ce que les saucisses knacks d'Alsace bio de Stoeffler ont d'alsacien, mais a priori pas leur viande, présentée comme venant de l'intérieur et de l'extérieur de l'Union européenne. Les coquilles Saint-Jacques à la bretonne de Tipiak, elles, revendiquent d'avantage l'origine bretonne de leur recette que de leurs ingrédients. A juste titre, puisque les mollusques ont été pêchés, selon les sachets, en Russie ou en Amérique du Sud. Foodwatch cite aussi un exemple plus étonnant, celui d'un vin rouge, le cabernet sauvignon merlot de la marque Cambras. De prime abord, tout semble indiquer qu'il s'agit d'un vin français, sauf une discrète mention de sa véritable provenance : l'Espagne.

Des composants controversés

Foodwatch dénonce également la présence de certains additifs controversés dans des produits plutôt luxueux. On trouve de l'additif E250, du nitrite de sodium classé comme "probablement cancérigène" par le Centre international de recherche sur le cancer, dans le foie gras de canard entier du Sud-Ouest de Fauchon. Il est également présent, en compagnie de l'E252, le nitrate de potassium, dans le jambon Pata Negra de Labeyrie. L'organisation alerte également sur la présence d'huile de palme dans la pâte brisée "Trésor de grand-mère", de Herta.