Les quatre prochains défis de la conquête spatiale

Les Américains sur Mars, les Chinois sur la Lune, une deuxième navette spatiale permanente et des vacances dans l'espace : FTVI vous conte les prochaines étapes de la conquête de l'espace.

Une photo de \"Greeley Haven\", sur Mars.
Une photo de "Greeley Haven", sur Mars. ( NASA / JPL-CALTECH / CORNELL/ ARIZONA STATE UNIVERSITY)

Le monde a déjà vu des dizaines de navettes spatiales décoller, les hommes ont marché sur la Lune, la Station spatiale internationale flotte en orbite depuis douze ans… Et demain ? FTVi vous conte les quatre prochains défis de la conquête spatiale. 

1 Objectif Mars

A défaut d'humains, la planète rouge est aujourd'hui étudiée par des robots. Depuis les années 60, la Nasa a lancé nombre de sondes et atterrisseurs sur Mars. Dernier en date : Curiosity, qui a assoli sur la mythique planète lundi 6 août et se prépare à l'étudier sous toutes les coutures. Avec le robot américain s'est ouverte la perspective d'une exploration humaine. "Nous avons plus de connaissances et de possibilités aujourd'hui pour élaborer une telle mission que ce que Kennedy avait en main lorsqu'il a décidé d'envoyer des Américains sur la Lune", explique dans Le Point Alain Souchier, spécialiste de la propulsion fusée et président de l'association Planète Mars. 

Ivan Macaux / France 2

Dans un discours prononcé au centre spatial Kennedy en février 2010, le président américain Barack Obama avait annoncé que "vers le milieu des années 2030, je pense que nous pourrons envoyer des hommes en orbite autour de Mars et les faire revenir sains et saufs sur Terre", rapporte Le Monde.fr. Et les premiers pas sur la planète rouge ? Plus tard, "et j'espère que je serai là pour le voir", a-t-il ajouté. Il avait également annoncé une augmentation de 6 milliards de dollars (4,82 milliards d'euros) du budget de la Nasa.

En posant un robot comme Curiosity sur Mars, les Etats-Unis prouvent qu'ils sont encore les leaders de la conquête spatiale. Mais ils doivent désormais composer avec de nouveaux concurrents comme la Chine, le Japon ou encore l'Inde, dont le Premier ministre a annoncé mercredi 15 août qu'elle lancera une sonde orbitale autour de Mars en 2013.

2 Revenir sur la Lune

En dépit des vœux de l'ancien président américain George W. Bush, les Etats-Unis ont abandonné l'idée d'une mission Apollo version XXIe siècle. "Nous y sommes déjà allés", a-t-il plaisanté dans son discours de 2010, rapporte 20minutes.fr. Mais l'Asie, elle, rêve toujours de décrocher la Lune. Entre 2007 et 2008, le Japon, la Chine et l'Inde ont lancé leurs premières sondes en orbite autour de l'astre.

La Chine en particulier s'imagine planter un second drapeau dans le sol lunaire. Elle s'est lancée dans un ambitieux programme, avec pour objectif une exploration humaine d'ici 2020, après l'envoi d'une sonde qui devrait alunir en 2013, indique La Presse.ca. Et l'Inde suit les aventures de son voisin chinois de très près, explique à l'AFP Johan Johnson-Freese, experte du Naval War College de Newport, aux Etats-Unis : "L'Inde a très peur de rester à la traîne de la Chine dans le développement des technologies spatiales, et a aussi arrêté des objectifs ambitieux, y compris en matière d'exploration humaine."

3 Une station spatiale permanente chinoise

Pékin accelère également son programme pour se doter d'une station spatiale permanente. Une nouvelle preuve que la Chine, qui a réussi son premier vol habité en 2003, met les bouchées doubles pour s'affirmer parmi les grandes puissances spatiales.

En juin 2012, la mission habitée Shenzhou IX, avec la première femme taïkonaute à son bord, a marqué une avancée cruciale. "C'était la mission spatiale la plus longue et la plus complexe de la Chine", a déclaré à l'AFP Morris Jones, expert du programme spatial chinois. Cette mission accomplie, la Chine n'est plus très loin de son objectif : une station spatiale habitée vers 2020. Pour Joan Johnson-Freese, elle "pourrait remplacer de facto la Station spatiale internationale".

Francetv info

4 Des vacances dans l'espace

Maintenant que les astronautes ont défriché le terrain, l'espace pourrait bientôt s'ouvrir à monsieur et madame Tout-le-monde. Quelques projets ont éclos ces dernières années, sous l'impulsion du secteur privé. Récemment, une entreprise néerlandaise a lancé un projet de colonie humaine sur la planète rouge : Mars One. Son objectif : "Expédier en aller simple quatre pionniers sur Mars en 2023, puis d’autres, jusqu’à établir une colonie fondatrice de 20 personnes en 2033", rapporte Futura-Sciences.

Virgin Galactic, filiale du groupe Virgin dirigé par le Britannique Richard Branson, sera la première entreprise à commercialiser des voyages sub-orbitaux. Pour vous retrouver à 100 kilomètres d'altitude, expérimenter 3-4 minutes d'apesanteur et admirer une vue imprenable, il vous en coûtera 200 000 dollars (160 000 euros). Mais si l'argent n'est pas un problème, offrez-vous le voyage ultime : un aller-retour autour de la Lune dans une capsule biplace, pour la bagatelle de 150 millions de dollars (120 millions d'euros).

La Russie a été précurseuse en la matière. En manque de financements, elle a parié sur le tourisme pour relancer la machine spatiale russe. Depuis 2001, le pays a envoyé huit touristes jusqu'à la Station spatiale internationale (ISS), moyennant entre 22 et 36 millions d'euros chacun.

Mais si vous comptiez vous inscrire pour visiter l'ISS, il va falloir être patient. "Le tourisme des étoiles est suspendu pour une période indéterminée. Depuis que les Etats-Unis ont arrêté le programme des navettes Space Shuttle, les vaisseaux russes accomplissent beaucoup plus de missions", a annoncé en février dernier le directeur de l'agence russe d'exportation d'armements Rosoboronexport, Anatoli Issaïkine, cité par l'agence Ria Novosti. Reste quelques projets futuristes, comme celui de société russe Orbital Technologies qui prévoit l'envoi d'une capsule hôtelière à 350 km de la Terre.

 

"Cet hôtel sera destiné à de riches particuliers et à des membres d’entreprises privées souhaitant faire des recherches dans l’espace", avait annoncé Sergueï Kostenko, le PDG de la société, dans un article du Guardian, traduit par Courrier International. Cinq jours dans les étoiles pour… 600 000 euros. Les portefeuilles légers devront attendre un peu avant d'aller passer leur lune de miel dans les étoiles.