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Visa pour l'image : "On est noyé sous un déluge d'images souvent sans source" regrette le fondateur du festival

Pour la 29e édition du festival Visa pour l'image, son directeur et fondateur Jean-François Leroy estime que "ce festival est essentiel pour la compréhension du monde".

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Radio France
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Jean-François Leroy, directeur et fondateur du festival Visa pour l'image. (MAXPPP)

La 29e édition du festival international de photojournalisme Visa pour l'image démarre samedi 2 septembre à Perpignan, après avoir attiré 160 000 spectateurs en 2016. Sur franceinfo, son directeur et fondateur, Jean-François Leroy, garantit la "fiabilité" et "l'honnêteté" des reporters dont les photos sont exposées, alors que, selon lui, "ce qui a changé, depuis la création de ce festival, c'est qu'on est noyé sous un déluge d'images souvent sans source."

franceinfo : Comment définiriez-vous cette édition 2017 ?

Jean-François Leroy : Très variée. On va de la Chine au Venezuela, de Mossoul aux Etats-Unis, on voyage à travers le monde entier et donc je pense que chacun pourra trouver l'exposition de son choix, qui lui plaira, le séduira, qui peut-être le marquera, lui donnera envie de s'engager, de faire des choses (…) D'une manière générale, c'est un peu une rétrospective de tout ce qu'il s'est passé dans l'année à travers le monde, c'est un tour du monde de l'actualité pour ceux que ça intéresse et il y en a beaucoup.

Avec une place particulière faite aux femmes photojournalistes : huit expositions... 

Quand on reçoit des propositions, on regarde les photos : il y a les bons photographes et les mauvais photographes. Et c'est en fonction du sujet qu'on détermine, pas en fonction du genre ou de la nationalité. C'est vrai que c'est une année très riche en regards féminins et on s'en réjouit.

Le journalisme et le photojournalisme deviennent-ils plus essentiels pour nous guider aujourd'hui, avec Trump, la Corée du Nord, les attentats... ?

Vous savez, depuis 29 ans, tous les ans, on nous dit : "C'est plus important que jamais", et je crois que ce festival est essentiel pour la compréhension du monde. Ce qui a changé depuis la création de ce festival, c'est qu'on est noyé sous un déluge d'images souvent sans source, c'est-à-dire qu'on n'identifie pas qui l'a prise, qui la diffuse. Moi, à Perpignan, j'ai la volonté de faire appel à des journalistes confirmés dont je peux garantir la fiabilité et l'honnêteté.

Il y a une réflexion particulière, cette année, sur les attentats : vous ne voulez pas les occulter mais vous voulez apporter une réflexion...

Je trouve ça très paradoxal que tout le monde se souvienne de Mohamed Merah, mais personne n'est capable de citer une seule de ces victimes. Ça veut dire, quand même, que nous, les médias, on a raté quelque chose. Donc oui, il y a une réflexion. Dans les soirées de projection, on reprend deux mois d'actualité tous les soirs et on s'est rendu compte que, ces deux derniers mois, il y a eu plus d'une vingtaine d'attentats. On a beaucoup parlé, évidemment, de Barcelone, mais il y a eu un attentat au Nigeria, au Burkina Faso, au Mali, des attentats en Somalie, dont on parle beaucoup moins. Donc, si on fait cette espèce de litanie, je trouve qu'on fait un peu la promo des terroristes.

Le festival attribue plusieurs prix dont, pour la deuxième fois, le festival de l'information numérique franceinfo, de quoi s'agit-il ?

Nous nous sommes penchés sur la manière d'utiliser les nouvelles technologies : vidéos, photos, interviews, et donc on a créé ce prix en partenariat, entre autres, avec franceinfo. On a un jury de très grande qualité sous la présidence de Samuel Bollendorff, qui est un des experts de ces nouvelles écritures. Je vais vous décevoir : je connais le nom du lauréat, mais je ne peux pas le dévoiler avant jeudi.

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