Le CSA pointe du doigt le manque de diversité à la télévision

Comme chaque année depuis 2009, le CSA a décortiqué les programmes d'une vingtaine de chaînes durant deux semaines.

La part des personnes \"perçues comme non blanches\" a progressé à 17%, contre 16% en 2016 et 14% en 2012, indique le CSA dans son baromètre publié jeudi 10 janvier 2019.
La part des personnes "perçues comme non blanches" a progressé à 17%, contre 16% en 2016 et 14% en 2012, indique le CSA dans son baromètre publié jeudi 10 janvier 2019. (CLASSEN RAFAEL / EYEEM / GETTY IMAGES)

La représentation de la diversité de la population française à la télévision s'est un peu améliorée en 2018, mais elle reste très éloignée de la réalité à plusieurs niveaux. C'est en tout cas le résultat du baromètre annuel publié jeudi 10 janvier par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.

Comme chaque année depuis 2009, le CSA a décortiqué les programmes (tous genres confondus) d'une vingtaine de chaînes (celles de la TNT gratuite et Canal+) durant deux semaines. Et sur les 1 450 heures étudiées, il s'est intéressé aux 37 100 personnes qui apparaissaient à l'écran. Franceinfo vous résume ses conclusions.

La part de non-Blancs en hausse... grâce aux fictions américaines

Parmi les principales conclusions, le CSA note un "effort" des chaînes en ce qui concerne la représentation de la diversité des origines. La part des personnes "perçues comme non blanches" a ainsi progressé à 17%, contre 16% en 2016 et 14% en 2012.

Mais cette progression est tirée par la fiction, une catégorie de programmes où le taux de personnes "non blanches" grimpe à 20%. Et cet effet est lié aux séries et films américains : le taux tombe à 14% dans les fictions françaises, et même à 10% si on exclut la chaîne ultramarine France Ô.

En outre, dans les émissions de télévision, ces personnes sont surreprésentées dès qu'il est question d'activités "marginales" ou illégales (43%) ou de personnes précaires (42%), observe le CSA.

Handicap et précarité largement sous-représentés

Autres enseignements, la représentation des personnes en situation de handicap reste désastreuse, à 0,7%, un chiffre qui n'a quasiment pas évolué, alors que 12 millions de Français ont un handicap durable ou provisoire selon l'Insee.

De même, seules 0,7% des personnes qui apparaissent sur le petit écran sont en situation de précarité, un niveau "très éloigné de la réalité".

Peu de personnes âgées, trop de CSP+

On relève également une sous-représentation des personnes âgées et une surreprésentation des CSP+ (74%, alors que cette catégorie ne représente que 27% de la population).

Trop peu de place accordée aux banlieues et à l'outre-mer 

La diversité géographique des personnes "vues à la télé" ne reflète pas non plus la composition de la société : seules 3% des personnes étudiées habitent des grands ensembles de banlieues populaires, et 0,3% l'outre-mer (si l'on exclut les programmes de France Ô).