Suppression puis maintien des "Guignols" : retour sur le feuilleton de la semaine

Vincent Bolloré, patron du groupe Vivendi, maison mère de Canal+, a finalement affirmé vendredi, à ses actionnaires, son attachement au programme. Retour sur quatre jours de psychodrame. 

La marionnette PPD, des \"Guignols de l\'Info\", sur le plateau de l\'émission, le 11 février 2009, à Saint-Denis.
La marionnette PPD, des "Guignols de l'Info", sur le plateau de l'émission, le 11 février 2009, à Saint-Denis. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Ils resteront sur Canal+, mais peut-être sous une autre forme. Après des informations de presse sur la disparition des "Guignols de l'info", Vincent Bolloré, patron du groupe Vivendi, maison mère de Canal+, a assuré, vendredi 3 juillet, lors d'un comité de direction, qu'il "n'était pas question de supprimer" cette émission historique de la chaîne cryptée. Francetv info déroule le film de la semaine autour du sort des célèbres marionnettes.  

Mardi midi, plusieurs médias annoncent la fin des "Guignols" à la rentrée

"'Les Guignols de l'info' ne retrouveront pas l'antenne de Canal +, suite à une décision prise par Vincent Bolloré, patron du groupe", écrit Metronews, confirmant une information du site Puremedias, parue mardi midi. "Vincent Bolloré réunira les actionnaires du groupe, vendredi 3 juillet, pour entériner la décision", poursuit Metronews, qui cite une source "proche de l'équipe des auteurs".

Selon le site d'informations, "le capitaine d'industrie n'appréciait que très moyennement le programme". Interrogé en février sur France Inter à propos de "l'esprit Canal", Vincent Bolloré avait déploré l'abus "de dérision" de la chaîne, regrettant une tendance à se "moquer des autres", un message à peine voilé adressé à l'émission phare de la chaîne cryptée.

Mercredi, une pétition est mise en ligne

La nouvelle, qui survient deux jours après la mort d'Alain de Greef, l'ancien numéro deux de Canal+, qui a lancé "Les Guignols", provoque une grande émotion sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de messages sont publiés sur Twitter pour protester contre la disparition de l'émission, et une pétition est même mise en ligne. Vendredi soir, elle comptait près de 100 000 signatures. 

Jeudi matin, les politiques montent au créneau

Sur France Info, Claude Bartolone appelle à "sauver" les Guignols. "Il y [en] a toujours eu, de tout temps, dans tous les régimes, c'est le fou du roi. Aujourd'hui, ce côté acide qui quelquefois nous amène à mal réagir quand on se sent la cible des 'Guignols' aère l'actualité et la manière de traiter la politique", estime le président (PS) de l'Assemblée nationale, qui "regrette" de ne pas avoir sa marionnette.

Le patron de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, reprend quant à lui le hashtag de soutien #TouchepasauxGuignols, lancé la veille par Benjamin Morgaine, l'un des auteurs des marionnettes. 

Bruno Le Roux, Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon, Gérard Filoche... A gauche, plusieurs figures emboîtent le pas et publient des messages de soutien sur Twitter. Le lendemain, François Hollande lui-même prend la défense des marionnettes : "La dérision, la caricature, ça fait partie du patrimoine", déclare le chef de l'Etat en marge de son déplacement en Afrique.

Vendredi, M6 et France Télévisions proposent d'héberger "Les Guignols"

A quelques semaines de sa prise de fonctions, la future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, tend la main aux "Guignols de l'info", dans un message posté sur Twitter vendredi matin. 

 

De son côté, Challenges affirme que la direction de la chaîne de M6 s'est réunie en urgence pour étudier une éventuelle reprise de l'émission. Elle a évalué à 25 millions d'euros le coût annuel des "Guignols" et s'interroge sur les gains d'audience qu'une telle opération générerait.

Le même jour, Bolloré rappelle son attachement à l'émission, mais sans tout à fait convaincre 

Lors d'un comité de direction, vendredi matin, l'homme d'affaires assure qu'il "n'est pas question de supprimer 'Les Guignols'", qui "font partie du patrimoine et de l'histoire" de la chaîne. "Les dirigeants de Canal+ et de Vivendi devront décider sous quel format et à quel moment ils devront être distribués", précise toutefois Vincent Bolloré. 

D'après Télérama, les Guignols pourraient voir leur rythme de diffusion modifié, pour devenir peut-être une émission hebdomadaire. Plusieurs journalistes s'inquiètent de cette évolution, comme le rapporte un journaliste du Monde sur Twitter. 

 

 

Si elles survivent, les marionnettes doivent donc se préparer à du changement, car le format du programme pourrait évoluer à la rentrée prochaine.