Fleur Pellerin planche sur un amendement anti-Bolloré

Selon Europe 1, la ministre de la Culture envisage de rendre obligatoires des clauses déontologiques, qui imposeraient notamment l'indépendance des rédactions, à toutes les chaînes de télévision.

Fleur Pellerin, le 23 septembre 2015.
Fleur Pellerin, le 23 septembre 2015. (YANN BOHAC / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Dans son entreprise, Vincent Bolloré fait ce qu'il veut, ou presque. Rien n'a pu en effet empêcher le patron de Canal+ de remanier l'organigramme et la programmation de la chaîne, ou encore d'empêcher la diffusion de certains programmes comme un documentaire sur le Crédit mutuel. Mais, selon Europe 1, mercredi 14 octobre, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, compte donner au Conseil supérieur de l'audiovisuel les moyens légaux de s'opposer à ce type de décisions.

Aujourd'hui, le CSA ne peut sanctionner les chaînes lorsque des intérêts privés mettent en péril l'indépendance des rédactions, déplore la ministre. Car, si les chaînes d’information ou les chaînes traditionnelles ont signé dans leur convention une clause qui garantit l'indépendance ou la pluralité, ce n'est pas le cas de Canal+. La ministre de la Culture veut donc légiférer et rendre obligatoires ces clauses "déontologiques" pour toutes les chaînes, rapporte la radio.

D'autres pistes sont étudiées par Fleur Pellerin pour donner plus de pouvoir au CSA, avec notamment une réforme des comités éthiques, qui sont, selon elle, à la solde de l'actionnaire. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel pourrait alors avoir un droit de regard sur leur composition. Enfin, la ministre veut élargir le statut qui protège les lanceurs d'alerte au secteur des médias.