Concentration dans les médias : "Si l’on investit, c’est pour des raisons de prestige, d’influence"

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Concentration dans les médias : « Si l’on investit, c’est pour des raisons de prestige, d’influence »
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Plusieurs patrons de presse ont été entendus par une commission d’enquête parlementaire sur la concentration dans les médias. Analyse d’Alexis Levrier, spécialiste de l’histoire du journalisme.

L’emprise de milliardaires sur la presse est-elle nouvelle en France ? "La concentration existe depuis très longtemps. Le premier grand groupe de presse à la fin du XVIIIème siècle était tenu par Charles-Joseph Panckoucke. Ce qui a changé depuis les dernières décennies, c’est que la presse n’est plus un secteur rentable. Les médias d’information rapportent peu d’argent. Si l’on investit dans les médias, c’est pour des raisons de prestige, d’influence. Il y a un soupçon permanent à l’égard de ces oligarques", explique Alexis Levrier, spécialiste de l’histoire du journalisme.

Vincent Bolloré "est guidé par un projet politique, culturel"

Faut-il avoir peur de la mainmise de Vincent Bolloré sur certains médias ? "On a un acteur qui, même s’il a dit le contraire devant le Sénat, assume un interventionnisme et une volonté de faire taire tout pluralisme interne au sein de CNews et Europe 1. Il est guidé par un projet politique, culturel, et sans doute un projet électoral, puisqu’il a permis l’émergence d’Eric Zemmour et rendu possible sa candidature", précise le spécialiste de l’histoire du journalisme.

Que peut faire la commission d’enquête parlementaire ? "Elle vient de la chambre la moins puissante. Elle n’aura pas le dernier mot et elle est lancée par un groupe minoritaire, le groupe socialiste. Elle va faire des propositions. Mais elle a un pouvoir : elle oblige les patrons de presse à comparaître. Ils sont sommés de dire la vérité, ils prêtent serment. C’est plus de l’ordre du symbole", conclut Alexis Levrier.

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