STATES OF GRACE

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STATES OF GRACE – Un film de Destin Cretton,
avec Brie Larson, John Gallagher Jr. et Kaitlyn Dever 

Synopsis

Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un
foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe,
diversement expérimentés, la solidarité et la bienveillance sont de mise.
Jusqu'à l'arrivée soudaine d'une fille tourmentée qui ignore les règles du
centre et renvoie Grace à sa propre adolescence... pas si lointaine.

**Destin

Cretton, le réalisateur, à propos du film :  **

" [...]
Un jour, un ami m'a prévenu qu'un centre non loin de chez moi embauchait des
jeunes. J'y suis allé en pensant que j'allais changer le monde et c'est le
monde qui m'a changé. En tant qu'éducateur, j'étais comme le personnage de Nate
(Remi Malek). Je tâtais le terrain, j'étais en retrait. Les deux premiers mois,
je ne me rendais pas compte que certaines de mes paroles étaient totalement
inappropriées, que ma mentalité n'était finalement pas très saine en arrivant,
sur le rôle que je devais tenir, persuadé que j'allais remettre ces adolescents
paumés dans le droit chemin, qu'ils m'attendaient et que j'allais être leur
sauveur. Involontairement, je les prenais de haut. [...] Une fois que les liens
entre eux et moi étaient noués, la confiance s'est instaurée et cela a été
beaucoup plus facile. Ce fut une expérience unique et magnifique car cela a balayé
tous les doutes que je pouvais avoir à cette époque. Lorsque j'ai quitté cette
fonction, je me suis rendu compte que j'avais plus appris à leur contact que je
ne leur avais appris. Ces adolescents n'étaient pas des monstres, ils étaient
intelligents, à vif. J'étais admiratif de leur courage. Ils restaient, en dépit
d'événements tragiques, des êtres éveillés, amusés, blagueurs. La vie ne les
avait pas bouffés, ils avaient encore cette part de légèreté en eux. "

" Dans
toutes les histoires que j'avais vécu en tant qu'éducateur, il y avait des
moments tragiques, mais aussi des moments de vie, légers et parfois mêmes
drôles. Je voulais rester fidèle à cette complexité et ne pas m'abîmer dans le
manichéisme ou l'outrance. Si j'avais organisé ce film en alignant des scènes
violentes, cela aurait été rébarbatif et surtout, cela n'aurait pas été
authentique. Je voulais insuffler de la vie, des moments de relâchement. Les
différents témoignages d'adolescents et d'éducateurs charriaient des émotions
contradictoires. Certains étaient tellement tragiques qu'ils me donnaient envie
de pleurer et, deux minutes plus tard, toujours sur la même histoire, je
pleurais de rire. Il y avait autant d'espoir que de désespoir. Ces adolescents
souffrent mais vous pouvez les voir communiquer, partager, aimer ; ils ne
connaissent pas l'égoïsme, ils vont vers les autres. Bien sûr, comme partout,
il y a des hauts et des bas, en termes d'émotion. Des hauts très hauts et des
bas très bas. Ce n'est jamais tiède. Il y a beaucoup de larmes et d'éclats de
rire. Je voulais qu'il y ait cette ambivalence dans States of Grace. "