Serebrennikov, le Moyen-Orient et les femmes au Festival d'Avignon 2022

Le nom de l'enfant terrible du théâtre et du cinéma russes, Kirill Serebrennikov, va dominer la 76e édition du Festival d'Avignon, qui se déroule du 7 au 26 juillet, et qui met également en avant de nombreux artistes du Moyen-Orient ainsi que plusieurs metteuses en scène.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Les fauteuils encore vides de la "Cour d'honneur" du Palais des Papes, au premier jour du Festival d'Avignon 2021, le 5 juillet 2021.   (NICOLAS TUCAT / AFP)

C'est le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov, toujours frappé par une interdiction de quitter Moscou, qui ouvrira le festival d'Avignon cet été. Il propose une adaptation d'une nouvelle fantastique d'AntonTchekhov, Le Moine noir, dont le héros, un intellectuel russe nommé Andreï Kovrine, sombre progressivement dans la folie. Une première version a été présentée en janvier au Thalia Theater de Hambourg (Allemagne), où l'artiste, frappé d'une interdiction de quitter Moscou, avait été autorisé à se déplacer.

 (MORRIS MAC MATZEN / AFP)

"C'est un Tchekhov très peu connu et c'est une adaptation très libre d'une histoire énigmatique, violente parfois", a indiqué à l'AFP Olivier Py, directeur sortant du festival, qui va présenter lui-même deux pièces, dont une de dix heures (avec entractes).

Le Moyen-Orient en force

L'Iranien Amir Reza Koohestani, qui avait présenté au festival Hearing (2016)
et Summerless (2018), revient avec la pièce En transit, inspiré du roman d'Anna
Seghers, "une histoire de perte de passeport, de réfugiés, et d'identité", selon
Olivier Py.

Les artistes palestiniens sont à l'honneur avec Bashar Murkus, qui monte le spectacle Milk, sur le rôle des femmes dans la guerre ; l'essayiste Elias Sanbar récitera, accompagné de musique, des poèmes du grand poète Mahmoud Darwich ; tandis que quatre poétesses arabes, dont deux palestiniennes, présenteront une performance poétique.

Le Liban, frappé par une crise économique sans précédent, est évoqué à travers deux artistes de ce pays : la dramaturge Hanane Hajj Ali qui met en scène Jogging, un seul en scène où elle "fait son jogging à travers le chaos à Beyrouth et évoque les questions de "filiation, de la souffrance et du deuil", des thèmes qu'on retrouve également dans la chorégraphie d'Ali Chahrour dans Du temps où ma mère racontait.

Les femmes à l'avant-scène

De plus en plus de metteuses en scène sont programmées au Festival d'Avignon depuis ces deux dernières années et cette édition en compte plusieurs (près de la moitié), à commencer par Kubra Khademi, jeune plasticienne, peintre et performeuse afghane basée en France depuis quelques années, qui signe l'affiche du festival et fera une exposition.

Parmi ces artistes : Anne Théron monte Iphigénie selon Tiago Rodrigues, le futur directeur d'Avignon ; l'artiste visuelle Miet Warlop raconte sa vision du théâtre en s'inspirant du deuil de son frère ; Élise Vigier met en scène un groupe de femmes à la recherche d'une autrice disparue ou encore Sofia Adrian Jupither adapte Solitaire, l'une des dernières oeuvres du dramaturge Lars Norén, décédé il y a un an, et qui est une sorte de En attendant Godot suédois. La chorégraphe irlandaise Oona Doherty explore dans Lady Magma l'identité double d'artiste et mère, tandis que le collectif Das Plateau revisite Le petit chaperon rouge avec un regard féministe.

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