"Meute" ou la délicate question de la réinsertion au TNP de Villeurbanne

C’est un sujet délicat que la Compagnie Le Grand Nulle Part a décidé de prendre à bras le corps : celui de la réinsertion et du difficile, voire de l’impossible pardon de la société à ceux qui ont fauté. "Meute" est une histoire d’expiation et de vengeance à la fois sombre et drôle, brutale et absurde. A voir et à méditer jusqu’au 8 février au Théâtre National Populaire de Villeurbanne.

\"Meute\" de la compagnie Le Grand Nulle Part, un réquisitoire pour le droit à une deuxième chance.
"Meute" de la compagnie Le Grand Nulle Part, un réquisitoire pour le droit à une deuxième chance. (Michel Cavalca - TNP-Villeurbanne)
Reportage : M. Aïssou / J. Nouck-Nouck / D. Digard / O. Bodson
Peut-on et doit-on pardonner à ceux qui ont commis l’irréparable ? La société actuelle permet-elle vraiment la réinsertion ? Ces questions, les membres de la Compagnie lyonnaise Le Grand Nulle Part se la posent depuis un certain temps.

Travail d'enquête

Une réflexion qui a abouti à cette création, "Meute", fruit d’une résidence de la troupe au TNP et qui a nécessité un vrai travail d’enquête. Rencontres avec des magistrats, d’anciens surveillants de prison et des psychologues, l’auteure Perrine Gérard et la metteuse en scène Julie Guichard ont cherché à connaître la réalité de l’après-prison. Une réalité plutôt sombre qu’elles ont illustrée dans cette histoire aux confins de la tragédie grecque.
Après dix ans de prison pour un incendie criminel dans lequel deux personnes ont péri, Damien Lefèvre revient dans la petite ville où les faits se sont produits. Une petite ville où personne n’a oublié son crime et où le désir de vengeance va conduire au pire.

Fiction

Malgré un thème proche de la réalité d’un fait-divers, "Meute" est avant tout une fiction. Une "fiction renseignée" ainsi qu’on peut le lire dans la note d’écriture de Perrine Girard, mais une pure fiction quand même, servie par une mise en scène quasi-cinématographique. L’apparition de figures oniriques et symboliques (comme une scène de neige en plein été) invitent le public à la réflexion sur la justice au sens général du terme et sur ces circonstances qui peuvent, à un moment précis, faire de chacun de nous un bourreau, voire un monstre.