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L'artiste belge Jan Fabre renvoyé au tribunal pour harcèlement sexuel au travail

L'artiste belge Jan Fabre, exposé partout en Europe, a été renvoyé devant la justice à Anvers pour "attentat à la pudeur" et "harcèlement sexuel", a annoncé le parquet de la ville flamande où il est établi. Les accusations datent de septembre 2018, dans le sillage de la campagne #metoo.

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'artiste belge Jan Fabre, à Vienne en Autriche, le 13 juin 2017 (GEORG HOCHMUTH / APA-PICTUREDESK)

L'artiste belge Jan Fabre a été renvoyé devant le tribunal d'Anvers notamment pour harcèlement sexuel au travail et attentat à la pudeur, dans le cadre du litige en cours avec sa compagnie de danse Troubleyn, a annoncé lundi 28 juin la justice belge. 

En 2018 une vingtaine de danseuses et danseurs, anciens collaborateurs de Jan Fabre dans cette compagnie, s'étaient plaints dans une lettre ouverte d'avoir subi des "humiliations" et du chantage à caractère sexuel.

A la fois chorégraphe, plasticien, metteur en scène de théâtre, Jan Fabre, 62 ans, est connu pour son art de la provocation avec des spectacles abordant ouvertement la sexualité.

Une première audience prévue le 21 septembre

Une enquête avait été ouverte par l'Auditorat du travail d'Anvers, une section du ministère public spécialisée dans les conflits du travail. C'est dans le cadre de cette procédure qu'il a été décidé de le renvoyer devant le tribunal correctionnel de la cité où il est établi. Il sera jugé notamment pour "violence" et "harcèlement sexuel au travail" à l'égard de "douze employés" et "attentat à la pudeur envers une personne", précise un communiqué de cette section du parquet.

Une première audience procédurale est prévue au tribunal le 21 septembre, indique le communiqué. Elle visera à fixer un calendrier pour le procès et n'impliquera pas forcément une comparution de l'intéressé.

Connu pour son art de la provocation

Dans leur texte, paru en septembre 2018 sur le site internet du magazine néerlandophone spécialisé dans l'art rekto:verso, ces ex-collaborateurs et stagiaires dénonçaient des attitudes systématiques de "harcèlement" de la part de l'artiste flamand, dans le sillage de la campagne #Metoo. Les vingt cosignataires, majoritairement des femmes - dont huit s'identifiaient par leur nom -, affirmaient que "l'humiliation était le pain quotidien" au sein de la compagnie Troubleyn. Ils expliquaient que Jan Fabre invitait chez lui des artistes sous prétexte de performances d'art visuel, et tentait alors une "approche sexuelle". Certains collaborateurs se sont vu offrir une somme substantielle après ces invitations. Ceux qui refusaient l'argent, voyaient leur rôle limité dans les performances.

"Je n'ai jamais eu l'intention d'intimider ou de blesser les gens psychologiquement ou sexuellement", s'était à l'époque défendu Jan Fabre dans un droit de réponse offert par la même publication spécialisée.

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