"C'est formidable ! C'est un spectacle fait main" : "La Mouche" de Christian Hecq triomphe aux Molières

"La Mouche" a rencontré un franc succès sur les planches, mais également lors de la 32e cérémonie des Molières, diffusée sur France 2. La production de Christian Hecq et de sa partenaire, Valérie Lesort, a en effet remporté trois des précieux trophées.

Christian Hecq obtient un Molière du Comédien dans un spectacle de théâtre public pour \"La Mouche\" lors de la 32e cérémonie des Molières, diffusée sur France 2 le 23 juin. 
Christian Hecq obtient un Molière du Comédien dans un spectacle de théâtre public pour "La Mouche" lors de la 32e cérémonie des Molières, diffusée sur France 2 le 23 juin.  (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Adaptation très libre de la nouvelle de Georges Langelaan, portée au cinéma par David Cronenberg en 1986, La Mouche est un OVNI théâtral. Sur les planches, Christian Hecq et Valérie Lesort proposent un univers burlesque, truffé de fantaisie, largement plébiscité lors de la cérémonie.

La pièce a ainsi été récompensée des Molières de la Création visuelle, du Comédien dans un spectacle de théâtre public (pour Christian Hecq) et de celui de la Comédienne dans un spectacle de théâtre public (pour Christine Murillo, réjouissante).

Trois Molières, c'est une superbe reconnaissance de votre travail. Que ressentez-vous ?

Je ne ressens que du bonheur ! Avoir cette reconnaissance par ses pairs, c’est formidable. C’est un spectacle que nous avons écrit avec Valérie Lesort, que nous avons fabriqué de toutes pièces, que nous avons pensé depuis longtemps. Une récompense comme celle-là est d’autant plus gratifiante quand l’adaptation sort de notre tête. Nous nous sommes inspirés de plusieurs histoires différentes, et nous avons tout fait nous-mêmes. C’est un spectacle fait main, avec l’aide du théâtre des Bouffes du Nord et de ses deux magnifiques directeurs Olivier Poubelle et Olivier Mantei – qui nous aident depuis déjà des années. On est comblés, on est très heureux !

Vos créations semblent à chaque fois séduire le public ! Avez-vous d'autres projets sur le feu ? Où pourrons-nous vous retrouver à la rentrée ?

Je suis à la Comédie-Française. Ce n'est pas le cas de Valérie Lesort. La Mouche était un extra mais je reprends très prochainement à la Comédie-Française avec Le Malade Imaginaire au théâtre Marigny. Mais d'autres projets vont effectivement voir le jour. Éric Ruf nous a demandé, pour la saison prochaine, de monter Le Bourgeois Gentilhomme. Il me propose de jouer le Bourgeois et nous offre, à Valérie et moi, de faire la mise en scène. Nous avons hâte de commencer le projet ! C’est une pièce musicale. Nous avons décidé de respecter les airs et les partitions, mais plutôt que de reproduire la musique baroque de Lully, nous allons opter pour de la musique des Balkans, plus punchy et plus entraînante. Cela nous plaît de monter la pièce comme cela. Car la musique baroque, bien que magnifique, ne porte pas comme on le voudrait cette comédie qu’est Le Bourgeois Gentilhomme.

Quand pourrons-nous découvrir l'adaptation ?

La première devait se faire mi-septembre mais tout est reporté. C’est un peu comme un château de cartes : une fois que quelque chose s’annule, tout se casse un peu la gueule ! Nous avions une saison bien remplie, tout était réglé comme du papier à musique... et là, on va commencer à répéter mi-janvier pour une première probablement mi-mai. Ce sont de longues répétitions... Car nous allons aussi reprendre deux tournées, celle de La Mouche et celle de Vingt mille lieues sous les mers. On voudrait aussi adapter Les Voyages de Gulliver. C’est une adaptation écrite par Valérie Lesort seule. Un projet plus marionnettique. C’est notre marque de fabrique, et le récit s’y prête particulièrement !

Ces derniers mois sans théâtre, vous les avez vécus de quelle façon ?

A l'annonce du confinement, on était dans un tourbillon de travail tel qu’être forcé de se reposer était plutôt bienvenu au début… On a la chance d’avoir une maison avec un petit jardin, on n’était pas les plus malheureux ! Ce qui était difficile, c’était plutôt le déconfinement. Parce que nous, acteurs du spectacle vivant, étions faussement déconfinés. On n'avait plus cette sensation exceptionnelle du confinement, cette sensation qu'il se passe quelque chose d'inhabituel. Là, c’était normal, tout le monde pouvait sortir, mais nous ne pouvions toujours pas travailler. Pour le moral, c’était difficile.

Vous restez optimiste ?

J’ai intérêt à être optimiste. Tout doucement, ça a l’air de se décoincer. On souhaite qu’en septembre, les choses reviennent à la normale. On espère aussi que le public n’aura pas peur de se retrouver dans des salles avec du monde. Cette peur que le confinement a insufflé dans la population. On espère que le public reviendra assez vite au théâtre !