Bruno Gaccio écrit et joue "Les pâtes à l'ail", sa première pièce aux petits oignons

On connaissait "La Soupe aux choux", il y aura désormais "Les pâtes à l'ail", pièce cuisinée par Bruno Gaccio, coauteur des mythiques "Guignols de l'info" : drôlissime !

Bruno Gaccio et Philippe Giangreco dans \"Les Pâtes à l\'ail\" de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean Carol Larrivé au Théâtre la Scène Parisienne.
Bruno Gaccio et Philippe Giangreco dans "Les Pâtes à l'ail" de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean Carol Larrivé au Théâtre la Scène Parisienne. (Photo Aurore Vinot, décor : Emily Geirnaert)

Bruno Gaccio aime le travail en équipe et a décidé d’écrire et interpréter une pièce sur l'amitié avec Philippe Giangreco, qu'il connaît depuis des lustres. Une vocation pour la scène, jusqu’ici jamais assouvie, après un bref passage au café-théâtre dans les années 80. Tous les deux sont auteurs, mais il ont fait appel à Jean Carol Larrivé, scénariste et autre ami, afin de garder de la distance par rapport à leur complicité. Le résultat, Les pâtes à l'ail, fonctionne à plein régime, avec humour et gravité : une recette exquise aux bouffées hilarantes, à La Scène Parisienne jusqu'au 30 décembre.

Génération Gaccio

A la soixantaine, deux amis d’enfance se retrouvent chaque mois autour d’un plat de pâtes à l’ail et d’une bouteille de vin pour se donner des nouvelles et refaire le monde. Mais ce soir, l’un d’eux demande à l’autre de le sauver d'une déchéance mortifère : la crise de la soixantaine ? "On mange des pâtes, on boit un coup de Barolo, et au café… je te tue et je rentre chez moi ?" L'affaire n'est pas acquise…

Ghazal Kabil /La Scène Parisienne

Comme leur alter ego scénique, Bruno Gaccio et Philippe Giangreco se connaissent bien et ont sans doute puisé l'inspiration de leurs échanges dans cette complicité de longue date. Sur scène, le duo est bien huilé, sans que jamais l’un prenne le dessus de l’autre. Le joli décor boulevardier d’appartement d’Emily Geirnaert sert ce dialogue générationnel, auquel l’on s’identifie facilement, grâce en partie à cette intimité.

Tragi-comique

Les souvenirs d’enfance, les rivalités sentimentales, la politique, les échecs et réussites défilent, jusqu’à ce que monte une amertume : les pâtes sont cuites, trop cuites. Si l’humour domine du début à la fin, un sentiment d’inaccomplissement  s’immisce dans le personnage de Philippe Giangreco. A bout, il envisage la mort et demande à Gaccio de le tuer, faisant verser la comédie dans la tragédie. Une mélancolie que son partenaire va tenter d’inverser et rendre joyeuse. Les dialogues ne perdent jamais de vue l’équilibre entre l’humour et une note sombre, avec comme fil rouge la tendresse de l’amitié.

Malgré cette gravité, l’on rit beaucoup à la dégustation de ces Pâtes à l’ail, dans lesquelles l’on se reconnaît aisément sans jamais faire la grimace. Sur un texte enlevé, la mise en scène de son coauteur Jean-Carol Larrivé apporte le rythme nécessaire à un spectacle qui tient ses promesses. Celles de son initiateur, Bruno Gaccio, qui réussit à passer la porte d’un théâtre auquel il aspirait depuis 30 ans, accompagné de ses deux complices.

L\'affiche de \"Les Pâtes à l\'ail\", pièce de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larivé
L'affiche de "Les Pâtes à l'ail", pièce de Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larivé (La Scène parisienne)
Les Pâtes à l'ail
La Scène Parisienne
34, rue Richet, Paris 9e
Les jeudis, vendredis et samedis à 19h00 jusqu'au 30 décembre.