Au Puy-en-Velay, une pièce de théâtre sur les engagements de Simone Weil, philosophe de l'action

La vie de la philosophe Simone Weil est à l'affiche d'une pièce au théâtre du Puy-en-Velay, dans la  ville où celle qui s'engagea pour plusieurs grandes causes débuta sa carrière en 1931.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Aude Biren (à gauche) et Isabelle Monier-Esquis dans "Simone Weil, une philosophe engagée".  (M. Pitavy / France Télévisions)

Simone Weil, une philosophe engagée, c’est le titre de cette pièce qui sera jouée le 2 octobre au théâtre du Puy-en-Velay par la compagnie Le Petit Atelier. La date et le lieu n‘ont pas été choisis par hasard : le 2 octobre 1931, Simone Weil effectuait sa première rentrée scolaire au lycée de jeunes filles du Puy (rebaptisé en 1972 du nom de la philosophe) en tant que de professeur de philosophie.

théatre Simone Weil

Au contact de la réalité

Elle n’avait que 22 ans mais portait déjà en elle une incroyable capacité à s’engager et à aller au contact de la réalité comme le rappelle la comédienne Aude Biren qui incarne Simone Weil dans ce spectacle.

Il fallait qu’elle y soit, contrairement aux autres philosophes qui étaient davantage dans la rhétorique, dans l’idée. Elle, elle avait besoin d’y aller.

Aude Biren

Comédienne compagnie "Le Petit Atelier"

Aude Biren incarne Simone Weil dans le spectacle "Simone Weil, une philosophe engagée".  (M. Pitavy / France Télévisions)

Philosophe de l'action

Un besoin qui conduisit cette jeune femme née à Paris en 1909 dans une famille de confession juive mais agnostique à aller travailler en usine pour côtoyer et comprendre le quotidien des ouvriers puis en Allemagne en pleine montée du nazisme. Simone Weil était une femme très libre, une "philosophe de l’action" qui n’hésita pas à partir en Espagne pour s’engager dans la lutte contre Franco.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que sa famille s‘est réfugiée aux États-Unis, elle préfère rejoindre l’Angleterre et le général de Gaulle pour participer aux combats. Elle rédige des articles pour la France libre, ainsi que L’Enracinement, un court ouvrage qui servira de prélude à une déclaration des devoirs envers l‘être humain.  

Le destin de Simone Weil fut aussi intense que bref : atteinte par la tuberculose, elle meurt le 24 août 1943  au sanatorium d‘Ashford.

Aude Biren incarne Simone Weil dans le spectacle "Simone Weil, une philosophe engagée".  (M. Pitavy / France Télévisions)

Des écrits peu nombreux

Pour écrire cette pièce, Christophe Huet, le metteur en scène de la compagnie Le Petit Atelier a "tissé les phrases même de Simone Weil, prises dans ses écrits, pour faire entendre sa voix et ses engagements". Des écrits finalement peu nombreux comme le rappelle le metteur en scène : "Elle écrivait dans les Cahiers du sud [ndlr : revue littéraire fondée par Jean Ballard qui publia plusieurs écrivains et intellectuels du XX siècle] mais sous un pseudonyme. Elle n’a jamais vraiment publié de son vivant. C’est à sa mort qu’Albert Camus, qui était un grand fan, a proposé à Gallimard de publier ses écrits."   

La pièce est jouée par trois comédiens : Christophe Huet, qui incarne tour à tour Camus et un militant anti-franquiste, Isabelle Monier-Esquis joue Salomea Weil (la mère de Simone) et une ouvrière de l’usine et Aude Biren (Simone Weil).

l'Affihe du spectacle "Simone Weil, une philosophe engagée".  (DR)

"Simone Weil, une philosophe engagée", par la compagnie Le Petit Atelier. Samedi 2 octobre à 20h30 au Théâtre du Puy-en-Velay 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Théâtre

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.