À Grenoble, des réfugiés racontent leur histoire au théâtre

Une troupe de comédiens composée de réfugiés jouent la pièce "Vies cabossées, vies exilées" à Grenoble. Ils racontent pourquoi ils ont tout quitté pour un monde pas forcément meilleur. Un beau témoignage. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Les comédiens répètent leur pièce "Vies cabossées, vies exilées" à Saint-Egrève, en banlieue de Grenoble.  (FRANCEINFO)

Les montagnes qui ceinturent Grenoble épousent la vie des réfugiés, avec des hauts et des bas. Un sommet qu'ils sont nombreux à penser atteindre en arrivant en France après un long et périlleux voyage, puis un ravin happe des exilés qui se heurtent à l'administration, aux forces de l'ordre et à mille autres difficultés. 

C'est cette vie qu'une troupe de comédiens, tous des réfugiés, raconte dans un spectacle intitulé Vies cabossées, vies exilées, qui sera joué à La Vence, la scène de Saint-Égrève en banlieue de Grenoble, le 20 mai. La troupe a été créée par l'association de parrainage Républicain pour les demandeurs d’asile et de protection (Apardap). 

"On est conscient à notre départ du risque que nous prenons"

C'est un comédien professionnel congolais réfugié en France qui dirige la troupe. Il dit l'effet positif qu'apporte le travail autour de cette pièce aux membres de la troupe. "Oui, j'ai vécu des choses. J'ai connu des choses et ce n'est pas possible. Toi, quand tu l'entends tu compatis avec moi. Et moi ça me décharge un petit peu et puis ça me donne le courage d'avancer, d'aller plus loin. Voilà pourquoi vous avez remarqué la façon de marcher, solennelle, avec fierté. C'est tout ce qu'il nous reste. Dès qu'on perd ça, c'est fini", témoigne Jaurès Gamba. 

Dans la pièce, les comédiens amateurs racontent pourquoi ils ont choisi de venir en France, malgré les obstacles. Pourquoi ils ont laissé derrière eux une part de leur identité, leurs proches, pour devenir des sans-papiers. 

"La majorité des filles, elles viennent car elles fuient des mariages forcés, l'excision, les guerres, la famine", raconte Chantal Garcia, une membre de la troupe. Pour M'bemba Dramé, le départ provoque un grand déchirement. "On est conscient à notre départ du risque que nous prenons, mais c'est le pour et le contre. Soit ne rien faire, ou tenter sa chance. Il y a une telle galère, une telle souffrance, pourquoi ne pas essayer ?". Sur scène, le texte se confond avec la réalité. 

La pièce Vies cabossées, vies exilées sera jouée à La Vence, la scène de la commune de Saint-Égrève en Isère le 20 mai 2022. 

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