"On nous met dans un bain-marie et on nous laisse pourrir" : Jean-Michel Ribes dénonce une absence de stratégie pour les théâtres

Rouvrir, oui, mais quand et dans quelles conditions ? Dans l'état des préconisations sanitaires actuelles, ce serait économiquement intenable, s'inquiète le patron du Théâtre du Rond-Point.

Jean-Michel Ribes, dramaturge et directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris, à la 5e Fête du Livre à Talloires en mai 2015.
Jean-Michel Ribes, dramaturge et directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris, à la 5e Fête du Livre à Talloires en mai 2015. (NORBERT FALCO / LE DAUPHINE / MAXPPP)

Le monde du théâtre se ronge les ongles dans l'attente des nouvelles annonces gouvernementales promises jeudi. Quand les représentations pourront-elles reprendre et surtout dans quelles conditions ? 

Le directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris dénonce l'absence "de stratégie pour les théâtres". "Il faut qu'on nous donne une position claire", martèle Jean-Michel Ribes. "On nous met dans un bain-marie et on nous laisse pourrir, sans annoncer de dates de reprise possible. On va finir usés".

La réouverture avec un siège sur deux ou trois "pas réaliste" au plan économique

"En raison de l'ambiance anxiogène, la demande du public pour se retrouver en masques dans des endroits fermés existe-t-elle ? On aura plutôt l'impression d'entrer à la Salpêtrière que dans un théâtre", s'inquiète-t-il.

"La réouverture" pour juin qui se profile actuellement selon la rumeur "c'est un peu le ni oui ni non", selon lui. "Je ne vois pas comment ça peut être réaliste. Sur le plan économique, avec un siège sur deux ou un siège sur trois selon la taille de fauteuils, on ne peut pas assurer la production des spectacles, ni les dépenses de sécurité en plus".

Ou alors, il faudrait "que l'Etat compense le manque à gagner", estime-t-il. "Dans beaucoup de théâtres comme le Rond-Point, la billetterie est une question de survie. Ici, nous sommes subventionnés seulement à 18% par la Ville et 18% par l'Etat".

Les représentations en extérieur : une solution ?

Le dramaturge a, dit-il, fait "une proposition très concrète à l'Elysée et au ministère de la Culture" : "monter une scène dans le jardin du Théâtre du Rond-Point pour des représentations en extérieur, en profitant de l'été indien, de septembre à octobre". "On ne m'a pas encore donné l'autorisation".