"Encore lui !" : Christophe Alévêque donne son nouveau spectacle confiné, à pleurer de rire, sur France 3 le 21 décembre

Le deuxième acte du "Trou noir", spectacle de Christophe Alévêque diffusé au printemps sur France 3, brocarde la gestion des six derniers mois de la pandémie en France. A voir le 21 décembre, toujours sur France 3. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'humoriste français Christophe Alévèque dans son spectacle "Encore lui !" enregistré au Théâtre du Rond point, à Paris en décembre 2020. (GIOVANNI CITTADINI CESI)

Nous avons assisté à la captation du nouveau one man show de Christophe Alévêque, le 17 décembre au Théâtre du Rond-Point devant une salle vide. Encore lui ! est diffusé lundi 21 décembre à 23h50 sur France 3. Avec le ton corrosif qu'on lui connaît, l'humoriste et commentateur de l'actualité poursuit l'analyse de la crise sanitaire qu'il avait entamée dans Le Trou noir, retransmis sur France 3, lors du premier confinement en mai dernier. Un brûlot.

Deux virus

Comme Roselyne Bachelot, qui est revenue sur sa promesse de ne pas redevenir ministre, Christophe Alévêque s'est rétracté de sa décision de ne plus jamais enregistrer un spectacle devant une salle vide. "La scène me manque trop", confie-t-il. Très engagé aux côtés de tous les artistes et techniciens du spectacle vivant et du cinéma depuis le report de la réouverture des salles (au minimum au 7 janvier), Christophe Alévêque est "en colère". Une colère qu’il fallait expurger, dans l’écriture, puis la scène.

Comme Grand Corps Malade qui a dénoncé l’aberration de voir les Français s’entasser dans les magasins et transports en commun sans respecter les distances physiques, alors qu’elles sont respectées dans les théâtres et cinéma, Christophe Alévêque est révolté. Plus qu’un paradoxe, une contradiction qu’il observe au regard de la gestion d’une crise sanitaire dont on nous dit, selon lui, tout et son contraire. Comme il le lance : "Il y a deux virus, celui des magasins qu’on n'attrape pas et celui des théâtres, qu’on attrape".

Le président Emmanuel Macron en "général en chef" de la "guerre" déclarée en mars, le Premier ministre Jean Castex lancé en première ligne, les experts plus ou moins improvisés qui défilent devant les caméras : tous y passent. L'art de brocarder. Sans pour autant tirer à vue, mais en remettant les pendules à l’heure, non sans parti pris (le sien), mais à coups de citations. Comme quand il reprend celle d’un "spécialiste" à propos des prévisions envisageables de l’évolution de la crise : "Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles". Surréaliste.

Christophe Alévèque sur la scène du Théâtre du Rond-Point le 19 mai 2020 dans son spectacle "Le Trou noir" (GIOVANNI CITTADINI CESI / Théâtre du Rond-Point)

La ronde des fous

Cette situation est comparée à une ronde des fous emportés dans un mouvement perpétuel et aveugle autour d’un pilier, et dont celui qui tenterait d’y échapper serait, lui, le fou à abattre. La chorégraphie revient plusieurs fois dans le spectacle et reflète l’aisance avec laquelle Christophe Alévêque occupe l’espace, non derrière son pupitre emblématique de tribun - ou plutôt de fou du roi - mais au milieu de la scène.

Pas de gesticulation, mais une dynamique qui traduit l’emportement intérieur de l’artiste au regard de responsables, évidemment confrontés à une situation délicate et complexe, mais qui sont les premiers à gesticuler sans savoir comment. L’auteur et interprète expose comme d’habitude sa subjectivité, et si le propos est dramatique, il est dynamité par l’humour, la "politesse du désespoir", selon la formule de Georges Duhamel.

Pas d’opportunisme

Pas d'opportunisme dans Encore lui ! : l'artiste, las d'une salle "encore vide, sans réactions, dans un silence de mort", est avant tout impatient de retrouver ses spectateurs. Héritier revendiqué de Guy Bedos, on pense aussi à Coluche dans certaines provocations, mais avec un style et une tonalité propres qui renouvellent une tradition très française. Le Trou noir 2 est également visible sur la chaîne Youtube de Christophe Alévêque où explose une douleur dans un éclat de rire : "si on n’accepte plus de mourir, on va en crever". Bien dit.

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