Réforme des retraites : à l'Opéra, la grève n'est pas tout à fait finie, une représentation de "Giselle" est annulée

C'est une fausse reprise à l'Opéra de Paris : une nouvelle représentation a été annulée en raison de la grève contre la réforme des retraites.

La générale de \"Giselle\" à l\'Opéra de Paris, le 30 janvier 2020
La générale de "Giselle" à l'Opéra de Paris, le 30 janvier 2020 (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Les danseurs de l'Opéra de Paris, en grève depuis le 5 décembre dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites, ont annulé une nouvelle représentation prévue vendredi 31 janvier.

Alors que les danseurs étaient censés renouer avec le public après une grève historique de sept semaines, l'institution a annoncé vendredi après-midi que la représentation du ballet classique Giselle était "malheureusement annulée".

Jeudi soir, la générale à laquelle a assisté l'AFP a pourtant bien eu lieu, tout comme les répétitions quotidiennes qui se tiennent dans les studios. L'Opéra de Paris avait rouvert ses portes samedi dernier avec des spectacles lyriques mais l'intersyndicale avait prévenu qu'elle restait mobilisée "pour le retrait du projet de loi".

75 spectacles annulés depuis le début de la grève

En un mois et demi de grève, 75 spectacles ont été annulés et les pertes en billetterie atteignent 15,35 millions d'euros selon les derniers chiffres de l'Opéra.

Un salarié de l'Opéra de Paris a expliqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, qu'il y avait encore un noyau dur souhaitant continuer la grève et que les grévistes n'étaient pas satisfaits de l'évolution des négociations avec le ministère de la Culture.

Artistes et machinistes sont attachés à leur régime spécial de retraite que l'Etat est déterminé à supprimer. L'Opéra comme la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement. Le régime spécial de l'Opéra est l'un des plus anciens de France, puisqu'il date de 1698, sous Louis XIV.

Ce régime permet de tirer sa révérence à 42 ans, compte tenu de la "pénibilité" du métier, des risques de blessure et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d'excellence. Musiciens, machinistes et chanteurs évoquent également la pénibilité de leur travail.