La danseuse étoile Marie-Agnès Gillot, retraitée de l'Opéra de Paris, se lance dans le flamenco

Après avoir quitté l'Opéra de Paris il y a deux ans, Marie-Agnès Gillot se produit au théâtre national de Chaillot à Paris, autour d'une discipline au départ assez éloignée de la danse classique.

Marie-Agnès Gillot et Andrés Marín, au théâtre de Chaillot à Paris.
Marie-Agnès Gillot et Andrés Marín, au théâtre de Chaillot à Paris. (JULIEN BENHAMOU)

Marie-Agnès Gillot est une retraitée de l'Opéra de Paris. La danseuse étoile a quitté l'institution il y a deux ans et depuis, est libre de gérer sa carrière comme elle l'entend. On la retrouve à la quatrième biennale d’art flamenco, au théâtre national de Chaillot à Paris, qui se tient du 26 janvier au 13 février 2020.

Elle partage la scène avec le danseur flamenco Andrès Marin, qui comme elle, a toujours cherché du côté du contemporain, ce qui ancre sa danse dans le présent. Marie-Agnès Gillot a toujours été fascinée par le flamenco. Elle confie ses souvenirs : "Le flamenco de rue, c'est-à-dire dans les ferias, ou quand je pouvais monter sur scène avec des familles de gitans. On me demandait de revenir le lendemain, mais en fait j'expliquais que je devais rentrer à Paris."

Dans ce mano a mano masculin/féminin orchestré par le chorégraphe contemporain Christian Rizzo, le classique et le flamenco se cherchent, s'apprivoisent. Le point commun, c'est que les deux danses sont nées dans un carcan, qui offre une liberté totale dès lors qu'on y excelle. "Ce qui est très intéressant, c'est qu'Andrès ne fait pas du tout de corps à corps, parce qu'en flamenco on ne fait pas de rapprochement de corps. Donc c'était très bizarre, parce que les premiers touchés de corps pour Andrès, c'était les miens."

Une transition loin d'être évidente

Depuis deux ans, Marie-Agnès Gillot ne vit plus dans le confort de l'Opéra de Paris. Son départ a représenté un saut dans le vide et des émotions très contrastées. "C'est un bol d'air. C'est difficile d'ailleurs, c'est très dur de passer à autre chose, mais ça fait du bien. Le cadre, la discipline, la répétition, fait qu'on est animé par ça. Et quand on ne l'a plus, c'est un grand manque. La danse est une grande addiction."

Avec la réforme des retraites on a beaucoup parlé des danseurs de l'Opéra de Paris, de leur retraite à 42 ans et de leur reconversion, Marie-Agnès Gillot reconnaît qu'elle s'y est très mal préparée. "Pas du tout même. J'ai vraiment merdé mon départ. Quand on a voué sa vie, son enfance, son adolescence et sa vie de femme à ça..."

Je comprends la mobilisation, mais moi c'est toujours 'show must go on', quoi qu'il arrive.Marie-Agnès Gillotà franceinfo

Évidemment, il est plus facile d'envisager l'après Opéra pour une étoile que pour un danseur du rang. Alors les grèves, les spectacles annulés, Marie-Agnès Gillot a observé tout cela avec tristesse. "Cela me fait de la peine. Et en même temps, on est quand même privilégié à l'Opéra de Paris, il ne faut pas l'oublier. À Bordeaux ou à Toulouse, ils n'ont pas ça. Je ne sais pas trop... Je pense que c'est du cas par cas. Dès qu'on est artiste, ce n'est pas universel, ce sont des cas."

Marie-Agnès Gillot à l'affiche de la biennale du flamenco au théâtre national de Chaillot
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