"Danser Mahler", l'univers du compositeur autrichien revisité par deux jeunes chorégraphes

Explorer l'âme du compositeur romantique autrichien, c'est le défi que s'est lancé le Ballet de l'Opéra national du Rhin avec "Danser Mahler au XXIe siècle", un programme imaginé par deux jeunes chorégraphes.

\"I am\" de Shahar Binyamini.
"I am" de Shahar Binyamini. (AGATHE POUPENEY / DIVERGENCE)

Après Danser Bach au XXIe siècle au printemps 2018, le Ballet du Rhin a confié à deux jeunes chorégraphes le soin d'imaginer une nouvelle approche de l'oeuvre de Gustav Mahler, compositeur autrichien et monument de la musique romantique.

Danser Mahler au XXIe siècle est un programme composé de deux pièces courtes, Oraison double et I am présentées à partir du 27 au 29 mai à Mulhouse au théâtre de la Sinne puis du 6 au 14 juin à l'Opéra national du Rhin à Strasbourg

(AGATHE POUPENEY / DIVERGENCE)

Les deux chorégraphes, Harris Gkekas et Shahar Binyamini, ont accepté la "contrainte"  de travailler sur la musique de Mahler tout en essayant de s'en affranchir avec l'ajout de morceaux très contemporains inspirés de Mahler. Une bande sonore censée traduire les tourments de l'âme du compositeur, au caractère entier et autoritaire.

C'est vraiment un homme des extrêmes. Il y a par moments dans sa musique une telle noirceur et de l'autre côté, ça s'illumine, il y a une félicité, une beauté absolue, totale.Harris Gkekas - chorégraphe

Sources d'inspiration

Ce n'est pas la première fois que Mahler est au coeur d'une création chorégraphique. De John Neumeier à Anne Teresa De Keersmaeker, le compositeur et chef d'orchestre a toujours fasciné les chorégraphes avec un univers musical et poétique qui appelle au mouvement.  

Emergence de talents 

Il fallait oser confier cette création, avec ce compositeur "écrasant" par le côté  monumentale de son oeuvre, à de jeunes chorégraphes. "L’idée, c’est de prendre un risque en misant sur l’émergence des talents" explique Bruno Bouché, le directeur artistique du Ballet du Rhin.

Risque mesuré toutefois car les deux chorégraphes ne sont pas des inconnus. Parti de la Grèce, son pays natal, à l'âge de 13 ans, Harris Gkekas a commencé sa carrière au Ballet du Rhin. Quant à l'Israëlien Shahar Binyamini, il a été répétiteur pour les ballets de la compagnie d’Ohad Naharin lors de sa venue en 2018 à Starsbourg.

Deux visions différentes

Chacun propose une création différente autour de Mahler. Harris Gkekas signe Oraison double où il explore la complexité de la personnalité du musicien, l'ambivalence de ces sentiments et sa quête d'absolu. " Dans son mode de composition, il ne passe pas d'un extrême à l'autre, il y a vraiment des strates, on passe d'un monde à l'autre " explique Harris Gkekas. 

Le spectateur est libre de circuler. Je n'impose pas, je n'oriente pas, je ne manipule pas le regard.Harris Gkekas - Chorégraphe

Science et mouvement

Quant à Shahar Binyamini, il propose avec I am une approche très originale, inspirée des travaux qu'il réalise à l'Institut Weitzmann, près de Tel Aviv, avec des scientifiques et des danseurs autour des liens entre mouvement et science.

Comme une œuvre chorégraphique et scientifique. Il explore actuellement les liens entre mouvement et science. 

\"I am\" de Shahar Binyamini.
"I am" de Shahar Binyamini. (AGATHE POUPENEY / DIVERGENCE)

"Danser Mahler au XXIe siècle" 

au théâtre de la Sinne à Mulhouse : lundi 27 mai et mardi 28 mai à 20 h, mercredi 29 mai à 19 h ; Strasbourg

à l'Opéra national du Rhin à Strasbourg  : jeudi 6 juin, vendredi 7 juin à 20 h ; samedi 8 juin, mardi 11 juin, mercredi 12 juin, jeudi 13 juin et vendredi 14 juin à 20 h