À Aix-en-Provence, le chorégraphe Angelin Preljocaj et ses danseurs peaufinent "Mythologies"
Mondialement reconnu pour son travail artistique qui mêle l'histoire des ballets classiques à des codes plus contemporains, le chorégraphe Angelin Preljocaj crée un nouveau spectacle où il désoriente parfois ses danseurs. Les premières représentations de "Mythologies" auront lieu début juillet à Bordeaux.
Derrière les vitres du Pavillon noir d'Aix-en-Provence, un esthétique bloc de verre imaginé par l'architecte Rudy Ricciotti, des danseurs du ballet classique de Bordeaux se mêlent à ceux du ballet Preljocaj. C'est là, dans les Bouches-du-Rhône, que le chorégraphe mondialement réputé, Angelin Preljocaj, a installé ses valises en 2006.
Il travaille en ce moment avec les danseurs des deux troupes, réunies par un partenariat, sur une nouvelle chorégraphie, Mythologies. Une connexion entre hommes et femmes aux parcours différents qui révèle l'essence même de l'âme artistique du chorégraphe originaire du Val-de-Marne. Angelin Preljocaj aime inventer, mixer les talents et les genres pour extraire quelque chose de nouveau.
Sur la piste, les styles différents des danseurs des deux ballets apportent une riche diversité dans l'esthétique des mouvements. Une approche qui plaît à Verity Jacobsen. "Nous, on danse presque en bas. Eux, ils sont vraiment gracieux. Pour nous, c'est vraiment beau. J'adore regarder les danseurs de Bordeaux. Ils sont top", dit la danseuse du ballet Preljocaj âgée de 34 ans.
De Daft Punk à Vivaldi
Pour ces répétitions, Angelin Preljocaj aime désorienter ses danseurs en alternant de la musique classique avec des sons plus contemporains. "J'aime bien répéter sur des musiques très différentes, varier les énergies pour ne pas installer les danseurs dans un confort et pour expérimenter des qualités de mouvement. Si tout d'un coup je mets du Bach, si le tempo est le même, on arrive presque à développer musculairement d'autres sensations. Et après on met Daft Punk, Vivaldi... À chaque fois il se passe quelque chose de différent", raconte le chorégraphe.
"Il y a des moments où on peut être totalement perdu dans ce que nous propose Angelin"
Baptiste Coissieu, danseur du ballet Preljocaj
La particularité pour les danseurs, c'est qu'ils répètent des mouvements qui se poseront sur une musique sans doute différente le jour du spectacle. "Il y a des moments où on peut être totalement perdu dans ce que nous propose Angelin. Même lui, il arrive dans le studio et il ne sait pas vraiment ce qu'on va faire le jour même. Et puis finalement, on va trouver le sens de tout ça quatre jours après, ou le jour du spectacle", sourit Baptiste Coissieu, danseur du ballet Preljocaj.
Représentations de "Mythologies", au Grand Théâtre de Bordeaux, à partir du 1er juillet 2022.
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