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"Cats" au cinéma : "West Side Story", "Hair"... : retour sur ces grandes comédies musicales de Broadway portées à l'écran

Avant de vous faire votre avis sur le film "Cats" de Tom Hooper sorti mercredi 25 décembre en France, petit retour sur la cette frontière très perméable entre Broadway et Hollywood, de "West Side Story" à "La Petite boutique des horreurs".

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
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Scène de Cats de Tom Hooper (2019). (UNIVERSAL PICTURES)

Broadway et le cinéma, c'est une histoire d'amour qui remonte à la Grande Dépression de 1929 et l'arrivée du cinéma parlant. A l'époque, les théâtres américains sont ruinés, mais les studios hollywoodiens se portent plutôt bien, et recrutent à tour de bras. De nombreux compositeurs de Broadway, comme Cole Porter, Irving Berlin, Jerome Kern ou encore George Gershwin, commencent à écrire la musique du genre naissant de la comédie musicale filmée. 

Grâce à eux, ainsi qu'au talent de réalisateurs de l'époque tels que Mark Sandrich ou Vincente Minelli, la comédie musicale filmée devient un genre majeur du cinéma américain. Les grandes productions s'enchaînent : Le Danseur du dessus (1935), Un Américain à Paris (1951), Chantons sous la pluie (1952)... 

Mais à partir des années 60, le genre a besoin d'un souffle nouveau, et va piocher dans les cartons de Broadway pour retrouver l'inspiration. C'est ainsi que West side story aura droit à une première adaptation en 1961, débutant une longue tradition d'adaptations des grandes comédies musicales de Broadway vers le grand écran. Petite liste non-exhaustive des plus grandes d'entre elles.

West Side Story (1961)

Adaptation moderne de Roméo et Juliette de Shakespeare, West side story se situe dans les bas-quartiers du Upper West Side de Manhattan à New York. Deux bandes rivales, les Jets et les Sharks qui sont chacune issue de vagues migratoires différentes, s'y affrontent. La situation se complique lorsque Tony, membre des Jets, tombe amoureux de Maria, la soeur du chef des Sharks. Portrait des grands problèmes sociaux de son époque, avec une musique écrite par Leonard Bernstein, la comédie musicale faisait déjà un carton à Broadway depuis 1957.

En 1961, elle est portée à l'écran par Robert Wise (La Mélodie du bonheur) et Jerome Robbins (chorégaphe de la comédie originale) et rafle 10 oscars sur 11 nominations. Un chef-d'oeuvre de 2h30 qui commence par 10 minutes de prologue muet, fait de musique et de chorégraphies endiablées. Détail amusant : le plan d'ouverture qui survole New York est inédit, jamais la métropole américaine n'avait été filmée sous cet angle. Une nouvelle version, réalisée par Steven Spielberg, devrait sortir en décembre 2020.

My Fair Lady (1964)

Eliza Doolittle (Audrey Hepburn), jeune fleuriste "cockney" (les habitants pauvres de l'est de Londres) vend ses fleurs devant les théâtres de la haute société londonienne en pleine époque victorienne. Elle y rencontre Henry Higgins (Rex Tillerson), un professeur de linguistique prétentieux qui se moque de son accent populaire. Celui-ci parie avec son ami qu'il est capable de transformer cette pauvre petite fleuriste insolente en une grande dame distinguée. Portrait de la grande époque victorienne, My Fair Lady est une ode à la richesse de la langue anglaise et un véritable questionnement des théories déterministes de son époque.

L'histoire de My Fair Lady remonte à 1914 et Pygmalion, la pièce de George Bernard Shaw dont elle est inspirée. En 1956, elle est adaptée en comédie musicale par Alan Jay Lerner pour Broadway, avant d'être présentée à l'écran en 1964 par George Cukor (Une étoile est née) qui remportera grâce à elle l'Oscar du meilleur réalisateur. 

Hair (1979)

Symbole de la contre-culture hippie des années 60, Hair raconte l'éducation sentimentale de Charles Bukowski (John Savage), jeune chrétien fils de fermier, qui visite New York avant de partir faire la guerre au Vietnam. En plein Central Park, il tombe par hasard sur une réunion de hippies et tombe amoureux de Sheila (Beverly D'Angelo). Pour elle, il renonce peu à peu à ses convictions, et découvre l'insouciance et la drogue. Cette comédie musicale au sonorités très rock et country est un portrait de la jeunesse américaine des années 60 et une critique acerbe de la guerre du Vietnam.

Réalisé en 1979 par le grand Milos Forman, le film est une adaptation de la comédie musicale du même nom de James Rado et Gerome Ragni sortie en 1967. En 1969, la version française de celle-ci avait fait scandale à Paris, avec ses scènes dénudées, et l'Armée du salut était allé jusqu'à intervenir pour interrompre le spectacle.

Contrairement à My Fair Lady et  West Side Story, très fidèles à leur oeuvre originales respectives, Forman s'est autorisé de nombreuses libertés dans son interprétation de Hair, avec des chansons en moins et quelques changements dans le scénario.

La Petite boutique des horreurs (1986)

Cette comédie musicale pour le moins... originale raconte l'histoire de Seymour Krelborn (Rick Moranis) qui travaille chez un petit fleuriste dans un quartier miteux de New York. Alors que la boutique est au bord de la faillite, il y installe une plante exotique qu'il dit avoir acheté chez un fleuriste chinois un soir d'éclipse. La plante attire les clients, mais Seymour réalise qu'elle a besoin de sang humain pour grandir. On vous laisse deviner la suite... (ou regarder le film, au choix).

La comédie musicale La Petite boutique des horreurs de 1982 à l'origine du film est elle-même inspirée du film petit-budget du même nom datant de 1960. Réalisé par Frank Oz, le film brille surtout pour sa musique composée par Alan Menken (La Petite sirène, Aladdin, Pocahontas) et qui reprend les sonorités Motown, rock et doo-wop de son époque.

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