"Mort à 2020" : le "mockumentaire" de Netflix qui fait le bilan d'une année terrible

Avec son nouveau documentaire, Netflix mise sur une thérapie du rire pour commencer la nouvelle année. "Mort à 2020", par les créateurs de la série "Black Mirror", mêle la réalité à la fiction, des images d’archive à des discours parodiques. Le tout avec un casting de haute voltige.

Article rédigé par
Jérémie Laurent - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Hugh Grant dans la peau du professeur d'histoire Tennyson Foss, dans "Mort à 2020". (KEITH BERNSTEIN/NETFLIX / D2020_KB_120120_00021)

S’il y a bien une idée qui ne fait pas débat, c’est que 2020 a été une année terrible. Et s’il était possible d’en rire plutôt que d’en pleurer ? Les réalisateurs Al Campbell et Alice Mathias dévoilent un mockumentaire ( documentaire parodique ) épicé, qui revient sur les événements marquants de l’année "la plus historique de l’histoire, par ceux qui l’ont vécue".

Humour américain 

Ce faux documentaire est construit à partir d’images d’archive tristement réelles et de témoignages de spécialistes complètement fictifs. Hugh Grant ( Love Actually) rentre dans le costume d’un professeur d’histoire, Samuel L. Jackson ( Pulp Fiction) dans celui d’un journaliste pour New Yorkerly News et Lisa Kudrow ( de la série Friends ) dans celui d’une porte-parole de Donald Trump. 

Le film fait le bilan de l’année 2020, mois après mois : l’épidémie de coronavirus, le Brexit, le mouvement Black Lives Matter ou encore l’élection présidentielle américaine sont abordés. Des évènements durs, parfois violents, traités pourtant avec légèreté. Un scientifique ( interprété par Samson Kayo) considère que le coronavirus "ressemble à un ballon de basket extraterrestre sur une Playstation 2" qui pourrait même tuer Dieu car il "est plus vieux que l’univers. Ce qui en fait une personne à haut risque". La voix off, toujours très grinçante dans ses propos, qualifie Donald Trump de "président et homme-porc" et Joe Biden d’"aimable fantôme". Personne n'est épargné, pas même le citoyen "lambda", représenté par une Diane Morgan ( Motherland) droguée aux séries et aux TV réalité. 

Un rire amer

À certains moments, le rire s’efface pourtant pour laisser place au sérieux. Entre les propos cyniques des acteurs se glissent aussi des vérités brûlantes comme lorsque Samuel L. Jackson aborde le sujet du meurtre de Georges Floyd et critique le traitement judiciaire accordé aux Noirs américains, sans une once d’humour. Mais l'instant d'après, l’acteur Joe Keery vient briser la gravité du discours en tournant en ridicule les Millenials sur les réseaux sociaux : "Je me considère comme un allié. (…) J’ai commencé par poster des carrés noirs sur Insta, puis par utiliser des émojis noirs".

"Mort à 2020" montre une année qui a dépassé sur certains points la fiction. Les créateurs de la série Black Mirror n’ont pas eu besoin d’inventer de scénarios dystopique pour faire une satire de la société. Les images d’archive parlent d’elles-mêmes. Si ce film aide à décompresser, il laisse tout de même un goût amer en bouche et nourrit l’espoir d’une meilleure année à venir. 

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