Phare de Cordouan classé au patrimoine mondial de l’Unesco : c'est la reconnaissance d’un héritier des "sept merveilles du monde"

La présidente de l'organisme à l'origine de la candidature du monument, invitée samedi de franceinfo, a estimé qu'"il y avait un potentiel historique très fort" pour le classer au patrimoine mondial de l'Unesco.

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Radio France
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Le phare de Cordouan, le 8 avril 2016. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Le phare de Cordouan, dans l’estuaire de la Gironde, a été classé samedi 24 juillet au patrimoine mondial de l’Unesco. Invitée de franceinfo, Pascale Got, présidente du Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest) à l’initiative de la candidature, a rappelé que c'est un "monument conçu par le roi Henri IV pour succéder au phare d'Alexandrie et donner suite aux sept merveilles du monde".

franceinfo : Comment avez-vous préparé cette candidature et quels arguments avez-vous développés pour convaincre le comité de l'Unesco ?

Pascale Got : C'est le seul phare au monde conçu comme un monument, comme un château avec une chapelle et des ornements qui sont dignes d'un monument royal. Il a quand même vocation, bien sûr, à aider les marins à naviguer sur le plus grand estuaire d'Europe qu'est celui de la Gironde. Il y avait donc un potentiel historique très fort. C'est aussi un lieu où il y a toujours eu des études scientifiques : la lentille de Fresnel, qui équipe maintenant quasiment tous les phares du monde, y a été créée. Enfin, il y a une architecture remarquable et un site également sur le plateau rocheux avec une biodiversité formidable. Tout ça nous a amenés à pouvoir faire une démarche vis-à-vis de l'Unesco puisque le monument a été conçu par le roi Henri IV pour succéder au phare d'Alexandrie. Dès sa création, l'objectif était donc de donner suite aux sept merveilles du monde.

Quelle est précisément l'histoire de ce phare qu’on surnomme le "Versailles des mers" ?

Il est né pour imposer le pouvoir français face à l'Angleterre. Il y a eu une occupation anglaise très importante dans notre région. Le phare servait donc à affirmer le pouvoir politique et royal de la France. D'où cette architecture qui n'a rien à voir avec un phare qui guide uniquement les navires. Tout de suite, il a eu une symbolique internationale. L'étude pour retenir ce phare parmi les sites classés par l'Unesco a montré qu'il n'y avait aucun autre phare au monde de cette qualité, ce qui lui vaut cette valeur universelle exceptionnelle. Il a notamment un escalier majestueux : 324 marches avec un rez-de-chaussée, ou plutôt un "rez-de-mer". Vous gravissez plusieurs marches et vous arrivez à la fameuse chapelle unique au monde dans un phare. Elle est consacrée et il y a d'ailleurs parfois des mariages, des baptêmes ou des messes. Elle vient d'être entièrement rénovée et toutes ces structures royales qui avaient été un petit peu dissimulées derrière de la peinture réapparaissent. Si vous grimpez encore quelques marches, vous arrivez à un formidable escalier dont le plafond est en forme de cœur. Puis, dans un petit cabinet obscur où le gardien tenait son registre. Ensuite, vous arrivez dans la fameuse lanterne où il n'y a plus la lentille de Fresnel, mais vous avez une toute petite lampe aujourd'hui qui éclaire avec une symbolique de couleurs. Enfin encore deux ou trois marches et vous arrivez sur la rotonde à 360 degrés où vous avez un panorama sur le plateau rocheux, sur les deux rives girondine et charentaise. Vous êtes là à 62 mètres.

Que va apporter cette inscription au patrimoine mondial de l'Humanité au Syndicat mixte du développement durable de la Gironde ?

Ça va donner une reconnaissance internationale au phare de Cordouan. Bien entendu, ça va nous permettre de continuer à le préserver et à le valoriser. Ça va aussi être un formidable atout de notoriété territoriale de notre estuaire et de nos deux rives. On sait que les sites inscrits à l'Unesco ont à peu près entre 30 et 35% de visiteurs en plus. Mais nous ne craignons pas l'afflux de touristes car le phare est au milieu de l'estuaire, dans un environnement hostile, avec une accessibilité assez compliquée : nous avons donc une régulation naturelle. L'inscription à l'Unesco ne changer ni la météo ni les marées. Nous serons toujours conditionnés à ces deux thèmes importants. Enfin, nous avons prévu d'élargir la saison des visites.

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