Les États-Unis restituent au Cambodge 30 œuvres d'art khmères pillées au XXe siècle

Ce lundi 8 août, la justice américaine a rendu au Cambodge 30 œuvres d'art khmères volées dans les dernières décennies du XXe siècle près des temples d'Angkor, le plus grand site archéologique au monde.

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France Télévisions Rédaction Culture
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De gauche à droite, Daniel Kritenbrink, du secrétariat d'État aux Affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique, visite le musée national du Cambodge avec Phoeurng Sackona, ministre cambodgienne de la Culture, et l'ambassadeur américain Patrick Murphy lors d'une réception donnée pour le retour des œuvres khmères à Phnom Penh, le 13 juillet 2022. (HENG SINITH / AP / SIPA)

La justice américaine a restitué lundi 8 août au Cambodge 30 œuvres d'art khmères volées près des célébrissimes temples d'Angkor et qui avaient fait l'objet d'un trafic international jusqu'aux États-Unis. C'est le procureur fédéral de Manhattan Damian Williams, à la tête du parquet le plus important du pays, qui a remis officiellement les antiquités dérobées à l'ambassadeur du Cambodge aux États-Unis, Keo Chhea, devant la presse. 

"Nous célébrons en ce jour la restitution du patrimoine culturel du Cambodge au peuple cambodgien et réaffirmons notre engagement à réduire le trafic illicite d'œuvres d'art et d'antiquités", a lancé le magistrat.

Parmi ces 30 pièces, une sculpture du Xe siècle de la divinité hindoue Skanda monté sur un paon et une autre de la même époque du dieu Ganesh. Les deux avaient été volées à Koh Ker, une ancienne capitale khmère, à 80 km des temples d'Angkor, selon la justice fédérale américaine. Ces 30 œuvres - s'étalant de l'Âge de Bronze au XIIe siècle - avaient été dérobées, comme des milliers d'autres, à la fin du XXe siècle à la faveur des guerres au Cambodge dans les années 1970, suivies par la réouverture du pays dans les années 1990.

L'État de New York engagé dans la restitution d'œuvres  pillées

La justice fédérale rappelle que des milliers de statues, sculptures et linteaux khmers ont fait l'objet pendant des décennies d'un trafic international depuis le Cambodge vers des antiquaires ayant pignon sur rue à Bangkok, en Thaïlande, avant d'être exportés illégalement pour des collectionneurs, hommes d'affaires, voire des musées en Asie, Europe et aux États-Unis.

L'un de ces marchands, le Britannique Douglas Latchford, avait été inculpé en 2019 aux États-Unis de trafic d'œuvres d'art mais son décès a éteint l'action en justice. La justice de l'État de New York s'est engagée dans une vaste restitution d'œuvres : de l'été 2020 à la fin 2021, au moins 700 pièces ont été rendues à 14 pays, dont le Cambodge, l'Inde, le Pakistan, l'Égypte, l'Irak, la Grèce ou l'Italie.

Le collectionneur américain Michael Steinhardt a ainsi été forcé de restituer en 2021 environ 180 antiquités volées ces dernières décennies, d'une valeur totale de 70 millions de dollars. Cet accord entre la justice et Michael Steinhardt, 80 ans, lui a permis d'échapper à une inculpation mais lui interdit à vie d'acquérir des œuvres sur le marché licite de l'art.

Angkor, plus grand site archéologique au monde (400 km2), fut la capitale de l'empire khmer (du IXe au XIVe siècle). Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1992, ce joyau a rouvert aux touristes après deux années de pandémie.

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