Le Mobilier national expose son incroyable patrimoine sur internet

Le Mobilier national, mal connu et critiqué par un récent rapport de la Cour des comptes, a décidé de rendre accessible sur internet son patrimoine inestimable. Meubles anciens, design, tapisseries, orfèvrerie, dorures, tissus précieux... 78.000 notices d'objets et 25.000 photographies, sont désormais disponible sur la nouvelle plateforme baptisée MN-Lab.

Page d\'accueil de la plateforme MN-Lab du Mobilier National
Page d'accueil de la plateforme MN-Lab du Mobilier National (Capture d'écran)
Sa nouvelle plateforme MN-Lab (qui inclut le Mobilier National mais aussi les manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie qui sont sous son autorité) met désormais à disposition de manière libre 78.000 notices d'objets et 25.000 photographies, a annoncé un communiqué. Hervé Lemoine, son directeur, a souligné l'intérêt d'un projet qui rend accessible "la collection unique au monde d'un garde-meuble d'exception".

"Révéler tout l'écosystème des métiers d'art"

Le projet s'inscrit "dans le cadre du programme des entrepreneurs d'intérêt général", lancé par le président Emmanuel Macron en 2016, et "visant à constituer chaque année une promotion de talents du numérique pour relever des défis d'intérêt général portés par les administrations pendant dix mois". C'est dans ce cadre que, dès mars 2018, deux "entrepreneurs d'intérêt général", Ned Baldessin, développeur, et Laurie Chapotte, designer, ont été accueillis en résidence.

La plate-forme est adaptée aux besoins de tous les usagers : chercheurs, historiens, élèves ou étudiants. Elle sera consultable non seulement sur internet mais aussi tablette et smartphone. Il s'agit en substance de mettre en valeur, à travers les collections, les savoir-faire qui y sont associés : métiers d'art, matériaux, techniques, outils... Et ainsi de "révéler tout l'écosystème des métiers d'art", souligne l'institution dans son communiqué.

Le Mobilier national, qui compte plusieurs siècles d'expérience unique en matière de restauration et de création, et fait appel à des métiers d'art de haut niveau parfois en voie de disparition, a été vertement critiquée dans le dernier rapport de la Cour des comptes en février pour une gestion "sclérosée", ce que sa direction rejette vigoureusement. La Cour a appelé l'Etat à "engager sans plus attendre la redynamisation de ses activités".