Plomb autour de Notre-Dame : "Nous attendons un suivi renforcé pour les agents exposés", réclame un syndicat de pompiers

Le pompier et responsable CGT, Sébastien Delavoux, s'interroge sur le suivi médical des pompiers engagés en avril dans la lutte contre l'incendie de la cathédrale. 

Les pompiers de Paris surveillent Notre-Dame deux jours après l\'incendie qui a ravagé la cathédrale, le 17 avril 2019.
Les pompiers de Paris surveillent Notre-Dame deux jours après l'incendie qui a ravagé la cathédrale, le 17 avril 2019. (MAXPPP)

Les sapeurs-pompiers engagés lors de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame sont-ils bien suivis médicalement, alors que des taux de concentration en plomb largement supérieurs à la normale ont été constatés ? C'est la question que se pose Sébastien Delavoux, pompier et responsable CGT, tandis que l'association Robin des Bois a déposé plainte contre X, vendredi 26 juillet, pour mise en danger de la vie d'autrui dans ce dossier. Le syndicaliste s'étonne du manque de communication des responsables des sapeurs-pompiers sur le sujet. 

Franceinfo : Vous avez écrit au commandement de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris à propos de l'incendie de Notre-Dame. Quelle était la teneur de ce courrier ?

Sébastien Delavoux : Nous avons écrit au général, le 13 mai, juste après la communication de l'Agence régionale de santé (ARS) car nous avons eu très vite des soupçons. Dans notre courrier intitulé "Incendie de Notre-Dame, une opération plombée", nous lui demandions quelles mesures avaient été prises pour dépolluer les engins engagés sur l'opération mais aussi quelles mesures avaient été prises pour les pompiers eux-mêmes. Nous pensons, par exemple, à des prises de sang pour détecter le taux de plomb. Mais nous n'avons pas eu de réponse à notre courrier. 

Avez-vous des inquiétudes concernant la santé des pompiers engagés durant l'incendie ? 

L'exposition est avérée. Est-ce que le suivi médical adéquat est mis en place ? Nous n'avons pas de réponse. Nous avons eu seulement un retour pour le Sdis [Service départemental d'incendie et de secours] de Seine-et-Marne, dont un engin avait été engagé à Notre-Dame. Il nous a été expliqué qu'"une plombémie [mesure du taux de plomb présent dans le sang] était en cours de réalisation pour les sapeurs-pompiers engagés" et que "le nettoyage des véhicules et des équipements de protection individuels a été réalisé suivant le protocole en vigueur dès le retour dans les centres d'incendie et de secours."

Mais il n'y a pas eu de communication interne ou externe. Concernant les pompiers de Paris, ils ne s'en sont pas ouverts à nous, c'est un corps militaire, les choses se gèrent en interne. On ne part pas du principe que rien n'a été fait mais si ça a été fait, il faut le dire pour que les autres casernes puissent être au courant. 

Que réclamez-vous aujourd'hui ?

Il doit y avoir une information publique et transparente. Nous attendons un suivi renforcé pour les agents exposés et que l'on mette en place des vraies mesures de prévention, efficaces. On souhaite aussi que la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, qui chapeaute l'ensemble des pompiers de France, fasse un retour d'expérience sur Notre-Dame.