Notre-Dame : reconstruire la flèche à l'identique, "en bois et plomb", n'est pas "une solution facile", défend le général Georgelin

Jean-Louis Georgelin s'est montré optimiste quant à la suite du chantier malgré l'arrêt provoqué par le confinement, "nous devons tout faire pour qu’en 2024 la cathédrale soit rendue au culte".

Le général Jean-Louis Georgelin.
Le général Jean-Louis Georgelin. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Établissement public chargé de la reconstruction de Notre-Dame, a indiqué, vendredi 10 juillet sur France Inter, que la flèche de l'édifice religieux serait "faite comme elle était, avec du bois et du plomb" et défendu le choix de la "continuité". Le président de la République a finalement décidé de rebâtir le monument comme il était. Il a "acquis la conviction" qu'il faut restaurer la cathédrale à l'identique, a indiqué l'Elysée jeudi soir, après une réunion de la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA), réunissant élus, experts et architectes du chantier.

Des matériaux durables

Selon le général Georgelin, cette décision prise par Emmanuel Macron "va permettre de planifier les travaux eux-mêmes. Pour le moment, nous sommes encore dans la phase de consolidation et de sécurisation, a-t-il expliqué. Ça va nous permettre d’y voir clair sur ce que nous allons lancer à partir d’octobre et de l’année 2021. Mais cette décision n’a pas été prise du tout dans le but d’accélérer les travaux.", a précisé le général.

Nous avons fait le choix de "matériaux durables", a-t-il poursuivi, comme "le plomb pour la toiture, et le bois qu’on utiliserait pour la charpente. L'avis de la Commission nationale, qui approuve la proposition de travaux présentée par l’architecte en chef des monuments historiques, recommandera donc le bois, le chêne, en l’occurrence. Et la toiture était couverte de plomb, c’est ce que nous projetons de refaire. La flèche sera faite comme elle était, avec du bois et du plomb", a expliqué le général Georgelin.

2024, un objectif mais pas une certitude

"Je crois qu’il ne faut pas dire qu’on a choisi une solution facile par rapport à d’autres qui seraient plus audacieuses ou plus difficiles. Nous avons choisi la continuité. Nous voulons rendre aux Françaises et aux Français, au monde entier, la cathédrale qu’ils aiment", s'est-il justifié. "Tout le monde s’accorde à dire que Viollet-le-Duc en dessinant sa flèche a fait véritablement la flèche dont la cathédrale avait besoin.

Nous voulons rendre au paysage urbain de Paris la silhouette de cette cathédrale telle qu’elle était, c’est la cathédrale que les gens aiment.Jean-Louis Georgelinà franceinfo

C’est le choix de la continuité et c’est le choix qui est conforme aussi à toutes les recommandations qui sont faites, notamment à la charte de Venise [traité qui fournit un cadre international pour la préservation et la restauration des objets et des bâtiments anciens]", a argumenté le général Georgelin.

Jean-Louis Georgelin s'est montré optimiste quant à la suite du chantier malgré l'arrêt provoqué par le confinement, "nous devons tout faire pour qu’en 2024 la cathédrale soit rendue au culte. Ça ne veut pas dire que tous les travaux seront terminés. On verra comment nous échelonnerons les travaux, d’ailleurs peut-être qu’à cette époque la flèche ne sera pas terminée. Mais la cathédrale sera rendue à ce pour quoi elle a été faite, pour le culte catholique. Ce ne sont pas les deux mois d’interruption avec la pandémie qui sur 5 ans doivent nous conduire à être pessimistes", a estimé Jean-Louis Georgelin.