"J’ai utilisé la technologie pour faire parler les murs": un chercheur a cartographié Notre-Dame de Paris au laser avant sa mort

Décédé en décembre Andrew Tallon, a eu l’idée de cartographier au laser plusieurs monuments, dont la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les données ont commencé à être répertoriées une semaine avant l’incendie parisien : le résultat est d’une précision exceptionnelle.

Nuage de points acquis par scanner laser de Notre-Dame de Paris, en  janvier 2010.
Nuage de points acquis par scanner laser de Notre-Dame de Paris, en  janvier 2010. (ANDREW TALLON)

Le salut de Notre-Dame de Paris pourrait-il venir d’un chercheur américain ? Une carte numérique complète de Notre-Dame de Paris : voilà ce que nous laisse Andrew Tallon, professeur d’art au Vassar College, près de New York, décédé l’an dernier. Et peut-être, par là, le salut de l’édifice partiellement détruit par les flammes lundi 15 avril. Derrière ce projet, appelé Mapping Gothic, se cache un rêve de ce francophile passionné d’architecture médiévale : comprendre comment de tels édifices ont été construits il y a plus de 800 ans.

"Il n'y a pas de traces écrites"

"Malheureusement pour moi, il n’y a pas de trace écrite, expliquait-il au National Geographic. J’ai donc commencé à utiliser la technologie pour tenter de faire parler les murs…" "Les maçons ne faisaient pas de pause en fin de journée pour dire comment et pourquoi ils construisaient leur cathédrale...", notait Andrew Tallon. Grâce, notamment à la technologie laser, le professeur d’art a donc mesuré, à l’intérieur de Notre-Dame, les distances entre chaque mur, chaque pilier, chaque statue et recoin. Et avec, à la fin des mesures, un nuage de plus d’un milliard de points et une précision de quelques millimètres...

"L’objectif d’Andrew était de comprendre en profondeur la structure des monuments gothiques, indique Lyndsay Cook, aujourd’hui professeur à Vassar, ancienne étudiante d’Andrew Tallon. Il s’intéressait vraiment au fait d’entrer dans l’esprit des maîtres maçons du Moyen-Âge…" Un travail essentiel, dit-elle, bien au-delà de la nef de la cathédrale parisienne. "Cette mission avait pour but de montrer comment avec le temps, poursuit Lyndsay Cook, alors que le gothique devenait le gothique et émergeait, la France, elle aussi, devenait la France." Cette masse de données inestimable sera, évidemment, volontiers partagée pour la reconstruction de Notre-Dame.