Notre-Dame : le Corrézien Quentin du Verdier est l'un des derniers à avoir joué sur le grand orgue de la cathédrale

La veille de l'incendie, l'organiste de la cathédrale de Tulle répétait, en vue d'un concert, sur le grand orgue de Notre-Dame de Paris, construit en 1401.

Quentin du Verdier, jeune organiste corrézien.
Quentin du Verdier, jeune organiste corrézien. (La lettre du musicien)

L'organiste Quentin du Verdier, 22 ans, se trouvait dans la cathédrale, dimanche 16 avril au soir, moins de 24 heures avant qu'elle ne brûle. Le jeune organiste de la cathédrale de Tulle répétait pour un concert qui devait être donné prochainement en hommage au titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris. Originaire de Saint-Ybard en Corrèze, le jeune homme a commencé cette année une formation au conservatoire de Paris. 

"C'est terrible"

À la fin des répétitions, son professeur l'a invité à s'exercer sur le grand orgue, avant la fermeture des lieux. "Quand il m'a proposé de me mettre derrière l'orgue, je n'ai pas hésité une seconde. Si j'avais su que je serais le dernier à jouer dessus avant un bon moment...C'est terrible", résume le jeune homme contacté par France Bleu Limousin.

Impossible de savoir si le grand orgue a été utilisé le jour de l'incendie. "Si un des orgues a été utilisé, c'est plutôt pour les offices", explique Quentin du Verdier. "Mais le grand orgue n'est en général pas utilisé pour les offices", ajoute-t-il. Car Notre-Dame de Paris compte trois orgues : l'orgue positif, l'orgue de chœur, datant du XIXe siècle, l'instrument des offices quotidiens, et le grand orgue, construit, lui, au début du XVe siècle. L'orgue de choeur a surtout souffert des quantités d'eau utilisées pour éteindre l'incendie.

Un instrument unique

Le grand orgue, heureusement, est sauvé, selon Vincent Dubois, l'organiste titulaire du grand orgue, "maintenant il faut le démonter et le préserver jusqu'à ce que le toit et la voûte soient consolidés", explique-t-il. "Il a souffert mais pas de manière catastrophique", selon Bertrand Cattiaux, en charge de l'entretien de cet instrument datant du XVIIIe siècle. Il souffre surtout des infiltrations d'eau des lances à incendie. 

À priori, l'orgue a pu être sauvé, il est recouvert de suie, de poussières. Il faudra le démonter et l'assembler pièce par pièce mais il résonnera à nouveau. C'est un soulagementQuentin du Verdier

Avec ses cinq claviers, ses 109 jeux et ses près de 8 000 tuyaux, "cet instrument est unique, car il a été amélioré sans cesse au fil des siècles depuis 400 ans", affirme Quentin du Verdier. L'instrument est le deuxième plus grand orgue de France derrière celui de l'église Sainte-Eustache.