Incendie de Notre-Dame : l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France rassure après la découverte de taux de plomb élevés autour de la cathédrale

Elle affirme qu'il faut continuer à effectuer des mesures à l'intérieur des bâtiments, pour s'assurer que les seuils réglementaires ne sont pas dépassés.

Un incendie ravage la toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019. 
Un incendie ravage la toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Jeudi 4 juillet, Mediapart a révélé que des taux 400 à 800 fois supérieurs au seuil autorisé ont été mesurés dans la cathédrale et ses alentours. En fin de journée, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France s'est voulue rassurante quant aux risques d'exposition des riverains aux poussières de plomb issues de l'incendie de Notre-Dame.

Si elle reconnaît que les dizaines de prélèvements de poussières dans l'espace public parisien effectués par la préfecture de police de Paris "montrent ponctuellement des valeurs élevées", sans confirmer ni infirmer les niveaux évoqués par Mediapart, elle estime que "ces résultats n'appellent pas à ce stade de mesure de protection particulière". Elle affirme qu'il faut continuer à effectuer des mesures à l'intérieur des bâtiments, pour s'assurer que les seuils réglementaires ne sont pas dépassés.

L'ARS ajoute qu'il n'existe aucune "norme sanitaire" en matière de "poussières extérieures", que ces mesures dans l'espace public peuvent être "très hétérogènes", et qu'il n'est pas sûr que les niveaux relevés soient liés à l'incendie de la cathédrale.

Un nouveau nettoyage du parvis ordonné 

L'agence a par ailleurs annoncé avoir ordonné un nouveau nettoyage du parvis de la cathédrale, fermé au public depuis l'incendie qui a ravagé le monument. L'ARS précise en effet que pour le parvis de Notre-Dame, elle "a pris connaissance en fin de semaine dernière des résultats de prélèvements effectués qui montrent que les premières mesures de nettoyage n'ont pas eu l'efficacité souhaitée", et dit avoir demandé un deuxième nettoyage, suivi de nouveaux prélèvements.

Et l'ARS ajoute que l'interdiction d'accès au public (mise en place dès l'incendie) "sera maintenue tant que l'efficacité de ces mesures de dépollution n'aura pas été constatée ou que le risque d'exposition des publics n'aura pas été réduit".

"Une communication transparente"

Dans son enquête, Mediapart assurait que la préfecture de police de Paris et l'ARS avaient choisi de ne pas rendre ces chiffres publics pour ne pas alarmer la population et les agents travaillant à proximité de Notre-Dame. A ce sujet, l'ARS dit avoir "assuré une communication transparente sur la situation et les mesures prises depuis le 15 avril", avec des prélèvements environnementaux qui ont "débuté dès le lendemain de l'incendie, se poursuivent et continueront afin de documenter aussi précisément que possible la dispersion du plomb (...) et d'adapter si nécessaire les mesures prises".

Interrogé par l'AFP, le premier adjoint de la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué pour sa part que la Ville avait effectué des mesures "dans tous les équipements qui relèvent de nos compétences, en l'occurrence les écoles et crèches", qui se sont toutes "révélées inférieures aux normes tolérées".

"Ces données sont publiques" et affichées sur les établissements concernés, a-t-il rappelé.