"Nous n'avions pas attendu les instructions du plan 'sécurité cathédrale' " : à Nantes, les leçons tirées de l'incendie de Notre-Dame

La cathédrale de Nantes avait-elle tiré des enseignements de l’incendie de Notre-Dame de Paris ? En octobre dernier, le ministère de la Culture avait présenté un plan "sécurité cathédrales" avec 47 recommandations très précises, mais parfois difficiles à appliquer.

Des sapeurs-pompiers devant la cathédrale de Nantes (Loire-Atlantique), le 20 juillet 2020.
Des sapeurs-pompiers devant la cathédrale de Nantes (Loire-Atlantique), le 20 juillet 2020. (LOIC VENANCE / AFP)

Contrôler les installations électriques, poser des alarmes-incendies, sauver les œuvres d'art… après l'incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, les 43 pages du plan "sécurité cathédrales" ont été transmises en octobre 2019 aux Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) pour empêcher qu'un sinistre ne se reproduise ailleurs. "Nous n'avions pas attendu ces instructions pour nous auto-saisir", plaide Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine dans les Pays de la Loire. Quelques jours après l'incendie de Notre-Dame, il affirme avoir commandé un audit sur la cathédrale de Nantes. "Il y avait 40 pages d'analyse pour savoir si le téléphone était bon, si l'on pouvait facilement trouver les clés, si les sapeurs-pompiers connaissaient parfaitement l'édifice... Ce qui a ici fonctionné. On peut dire qu'on a évité le pire", juge-t-il.

Des alarmes incendie déjà installées

Selon la Conservatrice Régionale, il n'y avait pas eu d'exercice "grandeur nature" pour les sapeurs-pompiers de Nantes. Mais pour ce qui est de l’installation d’alarme incendie, recommandée "à court terme" par le ministère de la Culture, la cathédrale de Nantes en avait déjà. Elles n'étaient néanmoins pas installées aux endroits où les départs de feu se sont déclarés. "Elles étaient installées dans une partie de l'édifice, notamment les parties les plus précieuses de la crypte", explique Philippe Charron.

Ça n'a pas permis de gagner du temps, pour autant, les pompiers sont intervenus extrêmement rapidement.Philippe Charronà franceinfo

Plus que la technologie, Philippe Charron met en avant la chaîne humaine formée par les sapeurs-pompiers pour sauver des biens culturels identifiés en amont. C'est un des points du plan sécurité cathédrale du ministère de la Culture qui a bien fonctionné, malgré la perte notamment du grand orgue.