Massacre du 17 octobre 1961 : Emmanuel Macron "a fait un petit pas pour éviter d'en faire un plus grand", selon le politologue Olivier Le Cour Grandmaison

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Massacre du 17 octobre 1961 : Emmanuel Macron "a fait un petit pas pour éviter d'en faire un plus grand" selon le politologue Olivier Le Cour Grandmaison
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Invité sur le plateau du 23 heures de Franceinfo samedi 16 octobre, Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire et politologue, directeur de l'ouvrage collectif "17 octobre 1961, un crime d'État à Paris", revient sur les déclarations d'Emmanuel Macron concernant cet épisode de l’histoire de France.

Samedi 16 octobre, Emmanuel Macron a rendu hommage aux victimes du massacre des Algériens du 17 octobre 1961, évoquant des crimes "inexcusables pour la République". Des crimes commis sous l’autorité du préfet de Paris d’alors, Maurice Papon. "Je crois qu'il a fait un petit pas pour éviter d'en faire un plus grand. Je constate que, si le terme de crime est effectivement employé, ce crime n'a pas, à proprement parler, d'adresse", a estimé, sur le plateau du 23 heures, Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire et politologue, directeur de l'ouvrage collectif 17 octobre 1961, un crime d'État à Paris. "Il n'a pas d'adresse parce qu'il n'est pas qualifié. Autrement dit, ce qui manque, c'est la qualification précise du crime qui a été commis, à savoir un crime d'État", a-t-il par ailleurs expliqué.

Comment accéder aux archives ?

Les familles des victimes réclament un lieu de commémoration mais aussi d'avoir accès aux archives en lien avec cet épisode historique. Une demande à laquelle il pourrait s'avérer difficile d’accéder aux yeux d'Olivier Le Cour Grandmaison. "Je constate que dans la déclaration qui a été faite, il n'y a strictement rien de dit sur l'accès aux archives. Je vais donner un exemple très précis : si vous voulez consulter les archives de la préfecture de police de Paris, ce qui est évidemment très important pour savoir comment cette police et comment Maurice Papon plus précisément s'est comporté et quel ordre il a donné, à qui faut-il s'adresser ? À la préfecture de police de Paris qui est donc à la fois juge et parti", déclare-t-il.

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