Le Musée Victor Schœlcher de Fessenheim, qui rouvre le 29 juin, met en avant le rôle des esclaves dans le processus d’abolition

Le musée s’apprête à rouvrir dans un contexte particulier, après le déboulonnage de statues de cette figure de l’abolition de l’esclavage.

Le musée Victor Schœlcher de Fessenheim rouvre ses portes le 29 juin.
Le musée Victor Schœlcher de Fessenheim rouvre ses portes le 29 juin. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3)

Alors que les manifestations antiracistes se multiplient un peu partout depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd, en France des voix s’élèvent pour que l’on efface les traces du passé esclavagiste de la France. Et même Victor Schœlcher qui signa en 1848 le décret abolissant l’esclavage est dans la ligne de mire. Le 22 mai dernier deux statues du député ont été déboulonnées en Martinique provoquant l’émotion jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Au coeur de la polémique

Derrière ces actions, des femmes et des hommes qui dénoncent la place trop importante accordée à Schœlcher au détriment des esclaves rebelles qui grâce à leurs révoltes ont mené à l’abolition. C’est dans ce contexte polémique que le musée Victor Schœlcher de Fessenheim, en Alsace, va rouvrir le 29 juin.

La vie, l’œuvre et le parcours politique de Schœlcher y sont retracés, le processus qui a amené à l’abolition de l’esclavage détaillé, mais aussi le rôle prépondérant des esclaves qui en se révoltant, en combattant pour leur liberté, ont également permis d’aboutir à l’interdiction de l’esclavage. C’est cette version de l’Histoire que le musée a choisi d’expliquer ici.

Esclaves et combattantes

Pour sa réouverture, le musée Victor Schœlcher se penche justement sur des figures de cette lutte des esclaves, avec une exposition temporaire qui nous dévoile l’histoire de dix femmes qui se sont battues contre l'esclavage et l’ont payé de leur vie. Une exposition qui sera visible jusqu’à la fin de l’été.

Le musée de Fessenheim est l’un des cinq sites du grand Est de "La route des abolitions de l’esclavage et des droits de l’Homme" avec la maison de la Négritude à Champagney en Haute-Saône, la maison Abbé Grégoire à Emberménil en Meurthe-et-Moselle, le fort de Joux à Pontarlier dans le Doubs et la commune de Chamblanc en Côte-d’Or. Cette route s’inscrit dans le vaste projet international de la "Route de l’esclave" soutenu par l’ONU.