"J'étais à Tian'anmen" : le témoignage de l'écrivain et dissident chinois Cai Chongguo

Il y a trente ans, le 4 juin 1989, la Chine réprimait la manifestation sur la place Tian'anmen dans le sang, tuant près d'un millier d'étudiants. L'écrivain Cai Chongguo y était. Il est depuis condamné à l'exil. Il raconte pour France 3.

FRANCE 3

Sur la place Tian'anmen, à Pékin (Chine), Cai Chongguo a vu le meilleur et le pire. À l'époque, ce professeur de philosophie rêvait de démocratie pour la Chine, mais son rêve s'est brisé, jusqu'à l'exil en France. Avant la répression par l'armée le 4 juin 1989, il régnait selon l'écrivain une atmosphère de fête. "C'était la première fois qu'on s'exprimait sans grande peur dans la rue. On était soutenus par la population, on était tellement fiers. J'ai senti qu'on était à un tournant de l'histoire de la Chine", témoigne-t-il.

"Personne ne croyait que la répression se ferait à balles réelles"

Mais après plus d'un mois de manifestation, les chars entrent dans Pékin. "J'ai vu des gens qui étaient soit morts soit blessés, je ne savais pas. Sur le place Tian'anmen, personne ne croyait que la répression se ferait à balles réelles", explique-t-il. Cai Chongguo doit fuir la Chine. Il atterrit à Paris le 14 juillet. Le soir même, il est invité aux célébrations du bicentenaire de la Révolution française, où des dissidents chinois se voient céder les sièges prévus pour les officiels chinois, qui ne sont pas venus. "C'était extrêmement émouvant. C'est à partir de là que je me suis rendu compte de l'impact énorme dans le monde", confie-t-il. Depuis, il n'a jamais pu revenir en Chine et revoir ses parents avant leur mort. Cai Chongguo craint de ne pas voir la démocratie en Chine de son vivant. 

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Un officier de police chinois surveille la foule qui franchit la porte nord de la place Tiananmen, à Pékin, alors que le drapeau national flotte devant le mausolée de Mao Zedong, le 13 avril 2000.
Un officier de police chinois surveille la foule qui franchit la porte nord de la place Tiananmen, à Pékin, alors que le drapeau national flotte devant le mausolée de Mao Zedong, le 13 avril 2000. (STEPHEN SHAVER / AFP)