Etats-Unis : l'université de Princeton va retirer le nom du président Wilson d'une de ses écoles en raison de ses "politiques et opinions racistes"

Le 28e président américain avait notamment laissé les Etats du Sud pratiquer la ségrégation en séparant les employés noirs des ministères de leurs collègues blancs. 

L\'Université de Princeton aux Etats-Unis, le 4 février 2020.
L'Université de Princeton aux Etats-Unis, le 4 février 2020. (WILLIAM THOMAS CAIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

L'université de Princeton va retirer le nom de l'ancien président Woodrow Wilson de son école des affaires internationales, a annoncé le prestigieux établissement universitaire américain samedi 27 juin. "Ses politiques et opinions racistes font de son nom quelque chose d'inapproprié pour une école où les étudiants, le personnel et les anciens élèves doivent être pleinement investis dans la lutte contre le fléau du racisme", a expliqué dans un communiqué le président de l'université, après un vote du conseil d'administration.

Thomas Woodrow Wilson a gouverné les Etats-Unis entre 1913 et 1921. A l'étranger, le père fondateur de la Société des nations (ancêtre de l'ONU) incarne la fin de l'isolationnisme américain. Mais dans son pays, le 28e président des Etats-Unis avait laissé les Etats du Sud pratiquer la ségrégation en séparant les employés noirs des ministères de leurs collègues blancs. "Il a pratiqué la ségrégation dans la fonction publique de cette nation après des années de déségrégation, faisant revenir l'Amérique en arrière", a encore justifié le président de Princeton.

Depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc le 25 mai, les Etats-Unis, où une partie de la population manifeste contre le racisme systémique, sont en plein examen de conscience et repensent leur rapport à leur passé raciste. Après le déboulonnage de nombreuses statues, la volonté de s'éloigner de l'héritage du Sud confédéré gagne du terrain : le gouverneur du Mississippi, un ancien Etat esclavagiste très conservateur, a indiqué samedi qu'il ne s'opposerait pas à retirer le si controversé étendard confédéré qui orne le drapeau actuel de son Etat.