Des œuvres de Anselm Kiefer et Pascal Dusapin accompagneront Maurice Genevoix au Panthéon

Cette intronisation offre à l'art contemporain d'entrer pour la première fois de manière pérenne au saint des saints de la sacralisation en France.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Maurice Genevoix, poète-romancier, à la pêche en avril 1980 en Sologne. (MICHELINE PELLETIER / GAMMA-RAPHO)

L'art contemporain prendra pied mercredi 11 novembre pour la première fois de manière pérenne au Panthéon, à l'occasion de l'entrée de l'écrivain et académicien Maurice Genevoix. 102 ans après la fin de la Grande Guerre, au cours de laquelle il a été blessé et sur laquelle il a beaucoup écrit, le plasticien allemand Anselm Kieferavec lui consacre six sculptures, et le musicien Pascal Dusapin une oeuvre originale.

Une commande publique exceptionnelle

Le président Emmanuel Macron "a souhaité accompagner cette panthéonisation d'une commande publique d'une ampleur exceptionnelle", a-t-on indiqué à l'Elysée. Son objectif "était de faire dialoguer la mémoire de la Grande Guerre et l'imaginaire des artistes d'aujourd'hui", en choisissant deux artistes "profondément européens, profondément marqués par la littérature, la philosophie et l'Histoire, travaillés par la Première Guerre mondiale".

Au Panthéon, l'État n'était pas intervenu par une commande artistique pérenne depuis 1924. Des expositions ou des performances y ont lieu, mais elles sont éphémères.

Six sculptures et une oeuvre "Au nom de la Lumière"

Pascal Dusapin a beaucoup travaillé en Allemagne, et Anselm Kiefer, qui vit en France depuis 1992, s'est longtemps plongé dans les auteurs de la Grande Guerre, français comme allemands (Barbusse, Jünger, Remarke, Apollinaire, Péguy, etc.).

Anselm Kiefer a offert six vitrines abritant des sculptures composées de nombreux matériaux (ciment, fil de fer barbelé, cuivre, plomb, corde, bois, caoutchouc, etc.), inspirées notamment par le roman de Genevoix Ceux de 14. Des phrases d'écrivains inscrites sur les vitrines interrogent sur la guerre et le mal. Il a également prêté - provisoirement donc - deux tableaux dédiés au thème de la guerre.

Le Panthéon devient musique

Pascal Dusapin a composé une oeuvre sonore, In Nomine Lucis (Au nom de la Lumière), en hommage aux morts de la guerre, qu'il a enregistrée avec le choeur Accentus à la Philharmonie. Une autre partie de l'oeuvre est composée d'enregistrements de noms de soldats, "dans la continuité de l'idée du Président (Emmanuel Macron) de faire entrer les anonymes de la Grande Guerre au Panthéon". Quelque 15.000 "noms représentatifs" ont été lus par les comédiens Florence Darel et Xavier Gallais. 

Soixante-dix hauts-parleurs ont été disséminés dans le Panthéon, créant un mouvement du son inédit. L'oeuvre se déclenchera à différents moments de la journée pour quelques minutes. "On se plaint qu'il n'y a pas de musicien au Panthéon. Là (...) c'est, d'une certaine manière, le Panthéon qui devient musique", a relevé Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN) qui gère ce site.

Le coût des installations des deux oeuvres - socles pour les vitrines de Kiefer, enregistrements, équipements sonores, etc., pour Dusapin - s'élève à un million d'euros, a-t-on indiqué à l'Elysée.

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