Combattants africains de la Seconde Guerre mondiale : un an après l'éloge d'Emmanuel Macron, peu de rues rebaptisées

Le président de la République a commémoré lundi 17 août le 76e anniversaire du débarquement allié en Provence à Bormes-les-Mimosas (Var).

Article rédigé par
Julie Pacaud - franceinfo
Radio France
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Inauguration de la Place des libérateurs africains à Bandol (Var) en présence de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, le 20 janvier 2020. (VALERIE LE PARC / MAXPPP)

La commémoration par Emmanuel Macron du 76e anniversaire du débarquement allié en Provence à Bormes-les-Mimosas, dans le Var lundi 17 août, rappelle la cérémonie à laquelle le chef de l'État avait participé l'année dernière à Saint-Raphaël. Il avait alors rendu hommage aux combattants africains qui ont débarqué sur les plages provençales le 15 août 1944. Des soldats venus des colonies françaises et que le président appelait à "honorer par les noms de nos rues et de nos places". Mais un an après, peu de municipalités ont rebaptisé leurs lieux publics du nom de ces héros.

La lettre envoyée par Aïssata Seck, présidente de l'Association pour la mémoire des tirailleurs sénégalais à l'Association des maires de France (AMF) reste pour l'heure sans réponse. "Ils s'appelaient Sei Koné, Addi Bâ, Mohamed Bel Hadj, Valentin Béhélo, ou encore Philippe Bernardino. Ces soldats venus d'Afrique, du Pacifique ou des Antilles ont tous contribué à faire de la France d'aujourd'hui une nation libre. Vous pouvez faire en sorte que nos rues mettent à l'honneur ces héros oubliés et faire de cet engagement une priorité auprès des maires nouvellement élus", dit l'élue de Bondy dans son courrier.

Des initiatives trop timides

L'année dernière déjà, la conseillère municipale d'opposition de Bondy, en Seine-Saint-Denis, avait interpellé Emmanuel Macron pour qu'un hommage soit rendu aux soldats coloniaux venus libérer la France. Mais en un an, les initiatives sont trop timides : "Il y a eu un travail qui a été fait par le ministère des Armées, qui a édité un recueil de 100 noms qui permet aux maires de piocher un des noms pour honorer ces soldats. Mais depuis, très peu s'en sont saisi", déplore-t-elle. "Il est important, lorsqu'on décide de mettre une action comme celle-ci en place dans une collectivité, d'expliquer aux gens qui étaient ces personnes, ce qu'elles ont fait pour la France."

Nommer une rue, c'est bien, expliquer c'est mieux !

Aïssata Seck, conseillère municipale à Bondy

à franceinfo

Du côté de l'AMF, la lettre a bien été reçue, assure son secrétaire général Philippe Laurent. Mais l'association n'a pas de pouvoir décisionnaire. "Vous savez, le président de l'AMF, c'est pas le patron des maires", rappelle Philippe Laurent. "Vous n'allez quand même pas obliger un maire et un conseil municipal à le faire. Ça ne peut passer que par une forme de militantisme local. Et il y a un autre sujet pratique qu'il faut voir losqu'on baptise des noms de rues : si la rue est déjà baptisée, qu'elle existe et qu'il y a des habitants qui ont cette adresse, ce n'est pas très facile de changer de nom", insiste le maire.

Une "Place des libérateurs africains" dans le Var

Dans le Var, le maire de Bandol, Jean-Paul Joseph n'a pas rencontré ce problème : "C'est une place qui n'existait pas et c'est devenu la palce la plus grande de la ville de Bandol. On lui a donné le nom de 'Place des libérateurs africains'. J'ai sauté sur l'occasion parce que je pensais que c'était important de rendre hommage à ces gens qui avaient été un petit peu oubliés", raconte Jean-Paul Joseph. Mais l'élu le reconnaît : ce type d'initiative reste encore trop rare sur le territoire.

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