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À Craonne, "la terre n'a pas encore digéré toutes les traces" de la bataille du Chemin des Dames

Cent ans après la bataille du Chemin des Dames, le village de Craonne, dans l'Aisne est toujours marqué par la Première Guerre mondiale. 

Article rédigé par Delphine Evenou
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
L'ancien maire de Craonne, Noël Genteur, en avril 2017, montrant deux photos de l'ancien village de Craonne avant et pendant la Première Guerre mondiale. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

François Hollande s'est rendu sur le plateau de Californie sur les hauteurs du village de Craonne, dans l'Aisne, dimanche 16 avril, avant la cérémonie officielle à Cerny-en-Laonnois pour la commémoration du centenaire de la bataille du Chemin des Dames. Le plateau a été l'épicentre des combats d'avril 1917 lors de l'offensive Nivelle. Dès l'aube, dimanche, des centaines de personnes ont participé à une marche commémorative à Craonne et sur ses hauteurs, là où se trouvait l'ancien village. Une "marche "marche des brancardiers" est également prévue dans la soirée.

L'endroit où se trouvait l'église de l'ancien village de Craonne, détruit pendant la Première Guerre mondiale, près du Chemin des Dames. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Cent ans après les combats, Craonne est toujours marqué par la Première Guerre mondiale. De l'ancien village, il ne reste rien. Les obus ont tout détruit. "C'est ce qu'on appelle un village disparu, mort pour la France, indique Franck Viltart, l'historien du Conseil départemental de l'Aisne. Après la guerre, Craonne n'a pas été reconstruit mais conservé dans la zone rouge car c'était beaucoup trop dangereux. Il y avait des caves et des tunnels que les Allemands avaient creusés donc on a décidé de déplacer le village."

Cette bataille a longtemps été dans l'ombre de Verdun. Il y a toujours eu un déficit de mémoire en ce qui concerne le Chemin des Dames. C'est tout l'enjeu de la venue du chef de l'État.

Franck Viltart, historien

à franceinfo

Le déplacement du village n'efface pas le traumatisme de la Grande Guerre. Maurice, un Haut-savoyard, raconte que son grand-père a combattu à quelques mètres de là où il se trouve. Son grand-père prononçait Croanne en insistant sur le r, "comme un croassement de corbeau", se souvient-il, la gorge nouée. Il faisait ce que l'on appelait sa 'dépression de printemps', celle du Chemin des Dames. Dès qu'il se réveillait, c'était la guerre qui revenait". 

"Il y a une très belle citation qui dit 'quand on fait appel au passé, il répond toujours présent'", confie Noël Genteur, figure de Craonne et de sa mémoire. "La terre n'a pas encore digéré toutes les traces, il y a encore des restes de munitions. Ces terrains vont rester dangereux encore plusieurs siècles", affirme-t-il. Ce dimanche, la chanson de Craonne a été chantée devant François Hollande lors des commémorations.

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