50 après Neil Armstrong, la lune s'expose au Grand Palais entre science, poésie et création artistique

Pour célébrer le cinquantenaire du premier pas de l'homme sur la lune, le Grand Palais accueille jusqu'au 22 juillet "La Lune : du voyage réel aux voyages imaginaires", une exposition dédiée à l'astre des nuits. Scientifique, mais aussi artistique et poétique, elle réunit tout ce qui touche à la Lune dans une conception euristique pleine de surprises.

Apollo 11, en juillet 1969, deux hommes sur la Lune
Apollo 11, en juillet 1969, deux hommes sur la Lune (SIPANY/SIPA / SIPA USA)

L'exposition "La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires" fermera ses portes au Grand Palais le 22 juillet 2019. C'est à dire 50 ans et un jour après que Neil Armstrong avait posé son pied, le gauche, dans la poussière de la Mer de la Tranquillité. Entre temps, les visiteurs auront pu se promener dans les rêves de lune et la réalité scientifique, entre les images de la conquête, toute relative, de notre satellite et les créations artistiques ou poétiques qu'il suscite depuis l'incontournable "nuit des temps".

Chagall, Rodin et Méliès

Cent quatre-vingt-dix oeuvres de l'Antiquité à nos jours composent la partie artistique de l'exposition... Certaines sont issues de l'imagination des plus grands : Marc Chagall, Man Ray, Joan Miro, Auguste Rodin ou encore Félix Valloton. On y retrouve bien sûr les films de Méliès, le précurseur avec sa Lune qui prend la fusée dans l'oeil ! On ne parlait pas alors de voyage "sur" la Lune, mais bien de voyage "dans" la Lune. D'autres oeuvres, plus contemporaines, ont été imaginées spécialement pour cette exposition.

Les photos rapportées de la Lune sont là, étonnamment précises comparées aux images diffusées en direct. Mais montrent-elles vraiment ce qu'on croit y voir ?

Trace de pas de Buzz Aldrin sur le sol lunaire
Trace de pas de Buzz Aldrin sur le sol lunaire (SIPANY/SIPA / SIPA USA)

En fait on a choisi de croire que cette photo, c'était celle du premier pas sur la Lune. En fait non, c'était une photo programmée, demandée par la Nasa, réalisée par Buzz Aldrin à un certain moment de la mission pour voir la consistance du sol lunaire. Donc c'est le deuxième homme qui a marché sur la Lune, d'une part, et c'est le énième pas de cet homme.Philippe Malgouyres, cocommissaire de l'exposition "La Lune : du voyage réel aux voyages imaginaires"

Drôle d'intitulé

Le titre "La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires" est curieusement formulé. Comme si l'aventure scientifique menée par la Nasa avait précédé tout ce que l'homme avait pu fantasmer autour de l'astre des nuits. Comme si, une fois que l'espèce humaine avait réalisé son vieux rêve, tout l'imaginaire qui avait précédé ce 21 juillet 1969 n'avait fait que préparer l'évènement. Et à propos : où est passé Tintin ?

La photo officielle de l\'équipage d\'Apollo 11, en juillet 1969
La photo officielle de l'équipage d'Apollo 11, en juillet 1969 (NASA/NEWSCOM/SIPA / SIPA USA)

600 millions de témoins

Les sexagénaires d'aujourd'hui, enfants d'une dizaine d'années alors, qui se sont levés à quatre heures du matin pour assister en famille et en direct à l'évènement le plus incroyable de l'histoire de l'humanité se souviennent qu'il fut l'instant précis où la science fit sa jonction avec la poésie. Tout comme 600 millions d'êtres humains à la même seconde.En ce sens l'exposition du Grand-Palais touche juste. Le mélange adroit entre images de la réalité, créations artistiques, films de Méliès et délires créatifs d'artistes inspirés parvient à recréer cette impression incomparable qui tenait alors en une question restée depuis en suspens : est-ce que je vis ce moment ou est-ce que je le rêve ?

La Lune : du voyage réel aux voyages imaginaires

Au Grand Palais Paris 8e Jusqu'au 22 juillet 2019

En complément de l'exposition elle-même, le Grand Palais propose un podcast intitulé "Fous de Lune". Il revient en cinq épisodes sur cinq siècles de création artistique et scientifique et permet, par exemple, de préparer la visite de l'exposition.